XXe siècle

1901 :

En novembre le naturaliste américain Beck vient y étudier les oiseaux.

1902 :

En février, une dépêche de Mexico fait état de la disparition probable de Clipperton,  suite à un séisme. Cette nouvelle est reprise par plusieurs journaux New-yorkais et par le journal de Genève. Le Mexique envoi un navire de guerre le Général Guerrero pour vérifier cette hypothèse.

La compagnie anglaise abandonne l’exploitation du guano sur Clipperton. Cependant   deux gardiens restent sur l’île : messieurs Larsen et Schultze.

Monsieur Brander qui était en charge de l’exploitation du guano pour la compagnie

anglaise, suggère aux mexicains de créer une compagnie pour continuer l’exploitation ; ainsi est née la « Phosfato Pacific Compania », dont il prend la tête.

1903 :

Le professeur J Elliot Wolf dresse une carte de Clipperton.

1905 :

Le 25 mai, le contrat établi pour la « Phosfato Pacific Compania », est approuvé  par décret du congrès des Etats-Unis du Mexique.

Le colonel Aberlado Avalos est nommé Préfet de l’île de la Passion ou Clipperton.

Estimant qu’il est trop vieux et ne voulant pas résider sur l’île il recherche un jeune officier pour prendre la tête de la garnison. Son choix se porte sur le lieutenant Arnaud Ramon y Vignon, âgé seulement de 26 ans.

C’est un homme cultivé, d’origine française et plus précisément des Alpes du Sud ; il parle couramment le français, ce qui peut servir en cas de débarquement de ressortissant de ce pays.

En juillet, la goélette Academy, de l’Académie des Sciences de Californie, relâche à Clipperton, Il est débarqué de la nourriture fraîche pour les résidents de l’île.

Le 11 septembre, venu à bord du  Corrigan, en compagnie du Colonel Avalos, Arnaud Ramon y Vignon  débarque sur Clipperton en compagnie d’un détachement du 11ème bataillon d’Acapulco, composé de dix soldats et de leur famille. Ces soldats sont tous indiens. Une soixantaine d’ouvriers italiens complète la petite communauté, c’est Brander qui dirige les ouvriers de nationalité italienne.

1906 :

L’Ingénieur français Eugène de Michelon fait construire un phare dans une usine du  Havre ; c’est ce  phare qui est installé en haut du rocher.

1907 :

Le navire français  Catinat  remplace le Duguay Trouin  dans sa mission de surveillance de Clipperton, il est commandé par le Capitaine de Vaisseau Buchard.

Il a été lancé le 8 octobre 1896 au Havre.

Le 13 décembre, le Capitaine Le Tallec, commandant le Touraine  signal avoir vu flotter le drapeau mexicain lorsqu’il a croisé près de Clipperton.

1908 :

En mai, n’ayant reçu aucun document de l’Espagne et devant l’insistance permanente de la France, le Président Porfiro Diaz accepte l’arbitrage international pour la souveraineté de Clipperton.

 

Le 16 juin, de retour au Mexique, Ramon se marie dans la ville d’Orizabra,  à Alicia  de Rovira, âgée seulement  de 18 ans

Le 27 août, le couple revient sur Clipperton.

L’île est  ravitaillée tous les trimestres par les navires  El Democrata  ou  Korrigan.

   

1909 :

Le 2 mars, la France, dont le Président de la République est Armand Fallières, et le Mexique, Président Porfirio Diaz,  conclus un accord pour soumettre la question de la souveraineté de Clipperton à l’arbitrage du roi d’Italie Victor Emmanuel III.

                                    Armand Fallières                           Porfirio Diaz

Le 9 juin, Alicia Arnaud de Rovira donne naissance à un enfant : Pedro Ramon.

1910 :

Le Révolutionnaire Francisco Madero forme une junte militaire, et la guerre civile éclate au Mexique.

1911 :

En mars, la ville de Cuadad Juarez tombe aux mains du rebelle Pancho Villa, alors qu’Emiliano Zappatta, à la tête de son armée de péons s’empare de la ville de Cuaulta.

Le 24 mai, Porfirio Diaz, dictateur depuis 1876, réprime dans le sang la rébellion dans la capitale. Il perdra son poste de Président le lendemain au profit de  Francisco Leon de la Barra, ce dernier sera remplacé le 6 novembre suivant par le révolutionnaire Francisco Madero. Le Mexique est en plein chaos puisque trois mois plus tard c’est un autre révolutionnaire qui prend le pouvoir : Victoriano Huerta. Clipperton est bien loin de leurs soucis.

Le 3 décembre, Léon de Montarlot signe un article sur Clipperton dans la revue « Le Monde illustré »  dont le titre est :

« L’île de Clipperton contestée par la France et le Mexique ».

L’île de Clipperton est située à 470 milles environ au sud du port d’Acapulco. C’est une île ayant 2 milles de diamètre environ, et occupée par une lagune de 102 mètres de longueur (4  par 3 Km : NDA). A son extrémité se trouve un rocher haut de 19 mètres (29 m : NDA) qui, vu de loin, ressemble à une voile et présente à la mer, de biais, l’apparence d’un immense château. Ce rocher peut être aperçu d’une distance de 12 à 15 milles, mais par le beau temps seulement.

L’île est bordée d’une basse ceinture de corail, ayant l’apparence de sable, dont la largeur varie entre un quart de mille et quelques mètres (Quelques mètres à marée haute, à une cinquantaine à marée basse : NDA), par une vaste lagune ronde dont la profondeur atteint 102 mètres (Le lagon est ovale et le trou sans fond atteint une profondeur de 90 mètres : NDA).

Les deux embouchures de la lagune sont actuellement fermées ; l’eau est douce et pendant la saison sèche, de décembre à mai, est fortement ammoniacale. Cette île, qui appartient à la France, a été explorée en 1858 par le navire français Amiral. Elle est exploitée par la « Pacific Islands Company ».

            La compagnie entretient quelques hommes dans l’île pour l’exploitation du guano ; celle ci se monte à 200 tonnes par an ; le ravitaillement se fait par un service mensuel de bricks de San-Francisco ; l’eau douce est obtenue par un appareil distillatoire qui peut produire 90 litres par jour. Les fonds, à un mille de distance, ne se trouvent pas à 274 mètres de ligne ; sur le côté de l’île, près du mouillage, on trouve plus de 33 mètres d’eau. L’île Clipperton, même par beau temps, est un point dangereux et l’on ne doit s’en approcher qu’avec de grandes précautions.

            La convention qui a décidé l’arbitrage a été signée par la France et le Mexique le 2 mars 1909. Il y a plus de douze mois que le roi d’Italie est désigné comme arbitre. La plus élémentaire correction recommanderait d’abréger une attente qui n’a que trop duré et qui, à se prolonger, risquerait fort de passer pour du détachement.

            L’affaire est pourtant digne d’intérêt. Qu’on n’aille pas nous dire qu’il s’agit de la possession d’un minuscule îlot perdu, loin de toute possession française, sur la côte Pacifique du Mexique. Cet îlot se trouve au débouché du futur canal de Panama (Inexact : NDA). De ce seul fait il a une importance économique et stratégique de premier ordre, soit que nous prétendions l’utiliser nous-mêmes, soit que nous le considérions que comme une valeur d’échange.

Sa nationalité française n’est pas douteuse et n’avait pas été contestée jusqu’à ces dernières années. La prise de possession de l’île Clipperton a été effectuée le 17 novembre 1858 par le lieutenant de vaisseau de Kervéguen. Il est exact que cet acte formel ne fut pas suivi d’une occupation permanente. Abstention regrettable. En 1897, le Duguay Trouin, croisant dans ces parages, découvrit à Clipperton un établissement de guano couvert du drapeau mexicain. A notre protestation, le gouvernement de Mexico répondit, l’année suivante, en annonçant la prise de possession de l’île par un de ses navires de guerre.

Sur le rapport de M. Albert Métin, député, la Chambre discuta la question, le mois dernier.

Voici ce que dit le rapport :

« Les droits de la France ne furent pas contestés pendant plus de quarante ans. C’est ainsi que les cartes et atlas étrangers postérieurs à 1858 portent Clipperton comme possession française ».

En 1898, le gouvernement mexicain prit possession de Clipperton. Dès que cet acte fut public, le gouvernement français fit connaître au gouvernement mexicain, par le représentant de la France à Mexico, que la France n’avait jamais renoncé à sa souveraineté sur l’île. Le gouvernement mexicain répondit alors que si la France pouvait établir ses droits sur Clipperton, il les reconnaîtrait, si le roi d’Italie acceptait.

Dans ces conditions, le gouvernement français prit l’initiative d’une proposition d’arbitrage que le gouvernement mexicain accepta.

La loi a été votée dernièrement ».

1914 :

Le 7 janvier, le navire  Korrigan  effectue sa dernière navette pour le ravitaillement de  la petite population de Clipperton.

En février, un violent ouragan jette la goélette américaine  Nokomis  sur les récifs de Clipperton. Arnaud recueille les douze rescapés.  Schultz qui assume les fonctions d’intendant est très inquiet, depuis presque deux ans, aucun bateau n’est venu du Mexique pour les ravitailler.

Arnaud et Jansen, le capitaine du Nokomis, décident de réparer la chaloupe afin de pouvoir rejoindre la côte mexicaine pour demander du secours.

Le 4 juin, la chaloupe avec 4 matelots à son bord quitte Clipperton.

Ils mettront 17 jours à rejoindre Acalpulco.

Par chance le croiseur américain  Cleveland  est en escale dans le port.

Le Commandant Williams, sur demande de l’agent de la Pacific Islands Company, décide de venir en aide aux « naufragés » de Clipperton.

Le 25 juin, le bateau américain arrive devant Clipperton.

Arnaud Ramon y Vignon apprend que c’est la guerre civile au Mexique et qu’ils ont été oubliés.

Le Commandant lui explique que le Président Madéro qui tentait de mettre en place des réformes démocratiques, a été renversé et assassiné après un soulèvement mené par le Général Huerta ; ce dernier a alors installé une dictature, ce qui a provoqué le soulèvement du peuple avec à sa tête Emiliano Zapata. Ce dernier s’est allié au chef révolutionnaire Frédérico Pancho Villa et Carranza.

Ces derniers se désintéressent complètement de Clipperton et c’est pourquoi l’île ainsi que ses habitants sont complètement oubliés.

Le commandant Williams propose aux résidents de Clipperton de les ramener sur le continent, mais le commandant Arnaud refuse car il a le devoir de maintenir la garnison en place.

Williams note dans son journal de bord :

«  Après enquête, il est apparu que la garnison mexicaine n’avait pas de besoin immédiats ; elle disposait de trois ou quatre mois de provisions consistant en viande séchée et biscuits, ce qui, ajoutant les vivres que nous leur avons laissés, devrait leur suffire pour cinq mois, m’ont-ils dit ».

Le 26 juin, la trentaine de résidants, hommes, femmes et enfants regardent le Cleveland s’éloigner de Clipperton.

La petite communauté compte un membre de plus, en effet le matelot Peter Bagett membre du détachement du Cleveland venu à terre, a un peu trop abusé des différents breuvages offerts par les mexicains. Son cerveau embué par l’alcool n’a pas perçu les appels répétés de la sirène du Cleveland, et lorsqu’il arrive sur la plage c’est pour voir son navire s’éloigner.

Mais au file du temps, les provisions s’amenuisent, et le scorbut, faute de vitamine C commence à faire des ravages. Le premier à décéder est le gardien du phare. Arnaud désigne Alvarez, son ordonnance, pour le remplacer.

Dix mois après le départ du Cleveland, il ne reste que dix sept survivants. Les vivres manquent, il ne reste plus que des haricots noirs et du maïs.

1915 :

En mai, un cyclone cause de très importants dégâts et détruit le peu de vivres qui restent. Ce même mois, croyant apercevoir un bateau, Arnaud oblige tous les hommes à embarquer avec lui excepté Alvarez qui doit garder le phare, afin d’aller demander du secours.

La baleinière se retourne en franchissant la barre et tous les hommes périssent, victimes des requins.

Ils ne sont plus que onze résidants sur l’île de Clipperton : quatre femmes, une jeune fille, cinq enfants et le seul homme : Alvarez.

Ce dernier devient à moitié fou et il se prend pour le « Roi de Clipperton ».

Il exige la soumission totale des femmes à ses plus bas instincts. Celle qui se refuse est immédiatement tuée, ce qui est le cas de Juana, veuve du caporal Lara. Violentée puis assassinée par Alvarez, son corps est retrouvé sur la grève par Alicia Arnaud.

Le calvaire va durer deux ans.

1917 :

Le 17 juillet, Alicia, la femme de feu Arnaud et Tirza la femme du lieutenant mort en mer, ne supportant plus les tortures décide de se débarrasser d’Alvarez.  Alors qu’il est rentré dans sa cabane et fait rôtir des oiseaux qu’il vient de tuer, Tirza s’empare d’un marteau et le frappe plusieurs fois à la tête. Alicia s’empare d’un couteau et le poignarde à plusieurs reprises.

En sortant de la cabane, elles n’en croient pas leur yeux : un bateau s’approche de l’île.

Ce bateau c’est le croiseur américain Yorktown, commandé par le Capitaine Perrill.

                                                               Le Yorktown

Les Etats-Unis viennent de rentrer dans la première guerre mondiale.

Ils craignent que les allemands installent des stations radios et des bases pour leurs sous-marins dans cette région du Pacifique, et c’est la raison pour laquelle le Yorktown est en tournée d’inspection dans cette zone.

On peut lire dans le journal de bord du Yorktown :

«  Mardi 17 juillet 1917.

… Mes intentions premières étaient simplement d’effectuer un circuit autour de l’île, sans tenter un débarquement, compte tenu du violent ressac qui rendait l’opération hasardeuse. Plus tard, cependant, je décidai de faire si possible, un débarquement, simplement pour savoir avec certitude si oui ou non le phare fonctionnait. Le lieutenant Kerr offrit d’aller à terre et le chirurgien Ross décida de l’accompagner. Une embarcation fut armée et s’éloigna en direction de l’île vers midi.

Sur ces entrefaites, nous avions trouvé que, en dépit d’un fort ressac, tout autour de l’île, le côté nord-est dont nous approchions était comparativement tranquille. L’on distinguait sur la plage des femmes qui marchaient et je fis cette remarque que les femmes de Clipperton n’avaient évidemment pas grand-chose à faire, puisqu’elles pouvaient descendre à la plage pour surveiller chaque bateau qui s’y présentait.

Le lieutenant Kerr précise :

A mesure que l’embarcation s’approchait du rivage, l’on observait les femmes qui faisaient des signaux frénétiques à ses occupants. La barque essayait de faire un atterrissage à travers un ressac violent, et c’est alors qu’un meilleur point de débarquement m’apparut plus près de notre bâtiment…

Capitaine Perrill

Le capitaine Perrill continue :

Dès qu’ils furent à terre, j’éloignai le navire pour faire le tour de l’île, et après avoir retrouvé des eaux plus calmes, nous y stationnâmes jusqu’à 4 heures de l’après-midi. Je pensai qu’il était temps de recueillir nos hommes. Le bâtiment s’approcha aussi près que possible du bord et les signaux de rappel furent faits.

Au bout de quelques temps, nous aperçûmes le lieutenant Kerr et le docteur Ross revenant du camp qui était du côté opposé à l’endroit où le débarquement avait eu lieu. Ils étaient suivis de deux matelots poussant des brouettes. Je notai aussi que les femmes et les enfants s’amassaient sur la plage, et vous pouvez imaginer ma surprise quand les veilleurs sur le pont me rapportèrent que les habitants prenaient place dans le bateau. Les suppositions battaient son plein. Et quand le lieutenant Kerr monta à bord et fit son rapport, il nous révéla une douloureuse histoire absolument terrible dans ses détails.

Les personnes qu’il amenait étaient trois femmes, une fille de quinze ans environ et sept plus petits enfants, les seuls survivants de la colonie. Pas un homme n’était resté. Ces gens n’avaient été visités par aucun navire depuis que  le Cleveland y vint voilà trois ans, époque depuis laquelle ils espéraient qu’un bateau vienne les secourir. Depuis deux ans et demi, leurs provisions de vivres étaient entièrement épuisées et ils vécurent de poisson, de la chair et des œufs des oiseaux, avec environ une noix de coco par semaine pour se garder du scorbut. Tous en avaient d’ailleurs partiellement souffert. Le plus jeune enfant, qui est âgé de deux ans, est rachitique et ne peut marcher.

La veuve du capitaine, señora de Arnaud, est la seule femme blanche. Quatre des enfants sont les siens, le plus jeune étant rachitique. Elle est âgée de vingt neuf ans seulement, mais en parait quarante. Les deux autres femmes ne sont âgées que de vingt et un ans. L’une d’elles est la domestique de  señora de Arnaud et l’autre est la veuve du lieutenant du groupe. Cette dernière a un enfant de l’âge du plus jeune enfant de señora de Arnaud ; les trois autres sont des orphelins des soldats.

A l’exception de  señora de Arnaud et de ses quatre enfants, tous sont des Indiens; mais à première vue, j’avais pensé que quelques-uns étaient nègres, tellement ils sont noirs. Le docteur dit qu’à l’exception de l’enfant rachitique ils vont bien, mais je les soupçonne d’avoir tous sérieusement besoin de se baigner et certainement de vêtements. Quelques-uns des enfants portant simplement un slip de toile grossière…

Naturellement, ils n’ont pas vu d’Allemands. Ils ne savaient même pas que l’Europe était en guerre. Leur dernier journal date de quatre ans bientôt. Ils ignorent que Huerta n’est plus Président de la République  du Mexique.

Après que le scorbut eut causé tant de morts parmi eux, le capitaine et quelques hommes, à l’exception du gardien du phare, quittèrent l’île dans une baleinière pour chercher du secours et se perdirent en mer. Le gardien du phare devint une plus grande menace que la faim, car on le supposait fou ; plus tard il tua l’une des femmes pour qui il fut un terrible objet de crainte. Seulement, ce matin, une femme l’avait tué…Les femmes dirent au docteur que lorsque notre embarcation, après la première tentative, s’en retourna vers le navire, elles crurent que c’était « fini » et furent si désespérées que l’une d’elles dit « qu’elle allait retourner au camp tuer les enfants et qu’ensuite les autres se précipiteraient dans la mer du haut du rocher »…

Dès qu’ils furent à bord, j’éloignais le navire, car je voulais quitter ces lieux avant la tombée de la nuit. Les récifs submergés rendaient la navigation particulièrement difficile dans ces eaux et je savais que je ne me sentirais pas à l’aise tant que je ne serais pas loin de cette île… ».

Le dimanche 22 juillet, le Yorktown débarque les oubliés de Clipperton dans le port mexicain de Salina Cruz.

Les rescapés sont : Alicia Ramon Y Vignon et ses quatre enfants : Ramon, Alicia, Lydia et Angel, la domestique de la famille Altagracia Quiroz, Tirza Randon et sa fille Guadelupe, trois orphelins : Francisco et Antonio Irra, Rosalia Nava.

La Guerre de 1914/1918 interrompt la procédure arbitrale.

1919 :

Le 7 février, le député Louis Marin pose la question au Ministre des affaires Etrangères :

« Qu’est devenue l’Arbitrage du roi d’Italie concernant la souveraineté de Clipperton ? ».

Il lui est répondu que la guerre a retardé le rendu de la sentence, et qu’il n’a été fixé aucun délai.

1924 :

Le 5 avril, parution dans la revue « LA NATURE », d’un article intitulé : « La plus petite colonie française : l’île de Clipperton », écrit par le commandant E.Choupaut.

On y relève la même erreur que celle commise par le Député Paul Deschasnel dans son rapport de 1888, à savoir qu’il mentionne que l’île a été découverte en 1705 par Clipperton.

1926 :

Le 2 avril, l’affaire est relancée par le Ministre des Colonies, et régulièrement l’Ambassadeur de France en Italie rappelle l’arbitrage avec diplomatie.

 

1931 :

Le 28 janvier, la sentence est rendue, le roi d’Italie Victor Emmanuel III décide que Clipperton appartient à la France à dater du 17 novembre 1858.

Le Président de la République française est Gaston Doumergue et le Président de la République du Mexique est Pascual Ortez Rubio.

Traduction de l’italien du texte de la sentence :

                                                                                                             28 janvier 1931.

 

Sentence arbitrale

————————-

au sujet du différent entre la France et le Mexique relatif à la Souveraineté sur l’île de Clipperton.

Nous, Victor Emmanuel III, par la grâce de Dieu et par la volonté de la nation, Roi d’Italie.

Vu l’accord signé à Mexico le 2 mars 1909, et par lequel le Gouvernement de

la République Française et celui de la République du Mexique ont déféré à notre arbitrage

la solution du différend surgi entre les Hautes Parties au sujet de la souveraineté sur l’île de Clipperton.

Vu notre acceptation, qui a été notifiée aux Hautes Parties par note du 21 août 1909 de notre Ministre Secrétaire d’Etat pour les affaires Etrangères ;

Lu tous les mémoires présentés par les Hautes Parties dans les formes et délais fixés par nous, ainsi que les documents communiqués par Elles ;

En fait, disons d’abord que, le 17 novembre 1858, le lieutenant de vaisseau

Victor Le Coat de Kervéguen, commissaire du Gouvernement français, croisant à environ

un demi mille de Clipperton, rédigea à bord du navire de commerce  L’Amiral , un acte

par lequel conformément aux ordres qui lui avaient été donnés par le Ministre de la Marine,

 il proclamait et déclarait que la Souveraineté sur l’île même à dater de ce jour appartenait à perpétuité à S.M. l’Empereur Napoléon III et à ses héritiers et successeurs.

Pendant la croisière furent faits des relevés géographiques soigneux et minutieux ; un canot réussit, après de nombreuses difficultés, à débarquer quelques hommes de l’équipage et le soir du 20 novembre, après une seconde tentative non réussie de toucher terre, le navire s’éloigna, sans laisser dans l’île aucun signe de souveraineté. Le lieutenant de Kervéguen avisa officiellement de l’accomplissement de sa mission le Consulat de France à Honolulu, celui-ci en fit communication analogue au Gouvernement de Hawaï, et, en outre, par les soins du même consulat, fut publié en anglais dans le journal The Polynesian de Honolulu du 8 décembre, la déclaration par laquelle la souveraineté Française de Clipperton avait déjà été proclamée.

Dans la suite, jusqu’à la fin de 1887, on ne peut se souvenir d’aucun acte positif et apparent de souveraineté ni de la France ni de la part d’autres Puissances.

L’île resta sans population, au moins stable, et aucune administration n’y fut organisée ; une concession pour l’exploitation des gisements de guano y existant, qui avait été approuvée par l’Empereur le 8 avril 1858, en faveur d’un certain Lockhardt, et qui avait donné lieu à l’expédition du lieutenant de Kervéguen, n’eut pas de suite ; et cette exploitation n’eut pas davantage lieu de la part d’autres sujets Français.

Vers la fin de 1897, et précisément le 24 novembre de cette année là, la France constata par l’entremise du chef de division navale de l’Océan Pacifique, qui était chargé de l’inspection, que trois personnes se trouvaient dans l’île et recueillaient du guano pour le compte de l’ « Oceanic Phosphate Company » de San Francisco, et qu’elles avaient à l’apparition du navire français, arboré le drapeau américain. Des explications furent demandées à ce sujet au Gouvernement des Etats-Unis, qui répondit qu’il n’avait accordé aucune concession à ladite Compagnie et n’entendait revendiquer aucun droit de souveraineté sur Clipperton (28 janvier 1898).

Environ un mois après l’acte de surveillance accompli par la marine française et pendant que l’action diplomatique s’exerçait à l’égard des Etats-Unis, le Mexique qui ignorait l’occupation revendiquée par la France et considérait que Clipperton était un territoire lui appartenant depuis longtemps, envoya sur les lieux une canonnière, la Démocrata, poussée à cela par la nouvelle, reconnue ensuite inexacte, que l’Angleterre avait des visée sur l’île.

Le détachement d’officiers et de marins, débarqué dudit navire le 13 décembre 1897, retrouva les trois personnes qui résidaient dans l’île lors de la précédente arrivée du navire français ; il leur fit amener le drapeau américain et hissa à la place le drapeau mexicain. Sur les trois individus susdits, deux consentirent à quitter l’île, et le troisième déclara vouloir y rester, et en effet y resta jusqu’à une date inconnue. Après quoi, la Démocrata repartit le 15 décembre.

Le 8 janvier, la France, ayant appris l’expédition organisée par le Mexique, rappela a cette Puissance ses droits sur Clipperton. De là une discussion diplomatique assez longue, et qui se prolongea jusqu’au jour ou, par l’accord du 2 mars 1909 les deux gouvernements décidèrent de déférer à notre arbitrage la solution du différend relatif à la Souveraineté sur l’île.

En droit il y a lieu d’examiner tout d’abord la thèse, soutenue par le Mexique en ligne principale, que l’île de Clipperton appartenait déjà à cet Etat avant que la France eût proclamé sa souveraineté sur ladite île : si cette thèse était reconnue fondée. Il faudrait en conclure à l’illégitimité de l’occupation de la dite île par la France.

D’après le Mexique, l’île de Clipperton, laquelle aurait pris le nom du fameux aventurier

anglais qui, au début du XVIII ° siècle, avait coutume de s’y réfugier, ne serait autre que l’île de la Passion, dite aussi l’île Medano ou Medanos.

   Cette île aurait été découverte par la Marine espagnole et, en vertu du droit alors en vigueur, fixé par la bulle d’Alexandre VII, aurait appartenu à l’Espagne, et ensuite, à partir de 1836 au Mexique, comme Etat successeur de l’Etat Espagnol.

Mais, d’après l’état actuel de nos connaissances, il n’est pas prouvé que cette île, de quelque nom qu’on l’appelle, ait été effectivement découverte par des navigateurs espagnols.

Que ceux-ci la connussent avant que les journaux de bord des navires français  La Princesse et La Découverte, datée de 1711, l’eussent identifiée et décrite, voilà une conjoncture plus ou moins probable, et de laquelle on ne saurait tirer aucun  argument décisif.

            Du reste, même en admettant que la découverte ait été faite par des sujets Espagnols,

 il  faudrait, pour que la thèse du Mexique fût fondée, prouver pour que l’Espagne non seulement

 avait le droit, en tant qu’Etat, d’incorporer l’île à ses possessions, mais encore l’avait effectivement exercé. Mais cela n’a pas été démontré non plus. Le Mexique produit à l’appui de sa thèse, une carte de Géographie et de Statistique, où l’île figure comme comprise dans les « Gouvernements politiques et Militaires de l’Espagne en Amérique du nord ».

 Mais on ne saurait affirmer le caractère officiel de cette carte, soit parce qu’il n’est pas certain qu’elle ait été dressée par ordre et par les soins de l’Etat, soit parce que la note manuscrite qu’on y lit,  à savoir qu’elle a servi au tribunal royal du Consulat du Mexique , ne lui confère pas ce caractère.

                        En outre, la preuve d’un droit historique du Mexique n’est appuyée par aucune manifestation de sa souveraineté sur l’île, souveraineté qui n’a jamais été exercée jusqu’à l’expédition de 1897. Et la simple conviction, même générale et ancienne, qu’il s’agit d’un territoire appartenant à cette République n’est pas à retenir.

            Par conséquent, il y a lieu d’admettre que, lorsqu’en novembre 1858 la France proclama sa souveraineté sur Clipperton, cette île était dans la situation juridique de territorium nullius, et, par suite, susceptible d’occupation.

                        Reste la question de savoir si la France a procédé à une occupation effective,

satisfaisant aux conditions requises par le droit international pour la validité de ce genre d’acquisition territoriale. En effet, le Mexique, soutient, secondairement à sa thèse principale, qui vient d’être examinée, la non validité de l’occupation française et par suite son droit d’occuper l’île, qui devait toujours être considérée res nullius  en 1892.

                        En ce qui touche cette question, il  a d’abord lieu de retenir que la régularité  de l’acte par lequel la France, a manifesté, en 1858, d’une manière claire et précise, sa volonté de considérer l’île comme son territoire est incontestable.

                        Il est, en revanche, contesté que la France ait pris possession effective de l’île, et l’on soutient que, faute d’une telle prise de possession qui exige un caractère effectif, l’occupation doit être considéré comme nulle et non avenue.

                        Il est hors de doute que par un usage immémorial ayant force de loi juridique outre l’animus occupandi, la prise de possession matérielle et non fictive est une condition nécessaire de l’occupation. Cette prise de possession consiste dans l’acte ou la série d’actes par lesquels l’Etat occupant réduit à sa disposition le territoire en question et se met en mesure d’y faire valoir son autorité exclusive. En bonne règle et dans les cas ordinaires, cela n’a lieu que lorsque cet Etat établit sur le territoire même une organisation capable de faire respecter ses droits. Mais cette mesure n’est, à proprement parler, qu’un moyen de procéder, à la prise de possession et par suite ne s’identifie pas avec elle.

Il peut y avoir aussi des cas où il n’est pas nécessaire de recourir à ce moyen.

C’est ainsi que, si un territoire, par le fait qu’il était complètement inhabité, est, dès le premier moment où l’Etat occupant y fait son apparition, à la disposition absolue et incontestée de cet Etat, la prise de possession doit être considérée, à partir de ce moment comme accomplie et l’occupation est achevée par cela même. Il n’y a pas lieu d’invoquer l’obligation, stipulée par l’article 35 de l’acte de Berlin de 1885, d’assurer sur les  territoires occupés l’existence  d’une autorité suffisante pour faire respecter les droits acquis, et, le cas échéant, la liberté du commerce et du transit, dans les conditions où cette liberté sera stipulée. Cet acte de Berlin, étant postérieur à l’occupation française dont il s’agit, ne concernant que les territoires des côtes d’Afrique et ne liant que les Etats  signataires, dont le Mexique n’est pas, dans leurs rapports réciproques, ne sauraient avoir de valeur dans le cas présent. D’ailleurs l’article 35 n’a pas trait, à proprement parler, à la prise de possession, mais stipule une obligation qui présuppose une occupation ayant déjà eu lieu et déjà valide.

                        La régularité de l’occupation française a aussi  été mise en doute parce qu’elle  n’a pas été notifié aux autres Puissances. Mais il faut observer que l’obligation précise de cette notification a été stipulée par l’article 54 de l’acte de Berlin précité qui, comme il a été dit plus haut, n’est pas applicable au cas présent.

Il y a lieu d’estimer que la notoriété donnée d’une façon quelconque  à l’acte suffisait alors et que la France a provoqué cette notoriété en publiant l’acte même de la manière sus indiquée.

Il découle de ces prémisses que l’île de Clipperton a été légitimement acquise  par la France le 17 novembre 1858. Il n’y a aucun motif d’estimer que la France ait ultérieurement perdu son droit par derelictio, puisqu’elle n’a jamais eu l’animus  d’abandonner l’île, et le fait de n’y avoir pas exercé son autorité d’une manière positive n’implique pas la déchéance d’une acquisition déjà définitivement achevée.

                                                                                  Pour ces motifs,

nous décidons comme arbitre que la Souveraineté sur l’île de Clipperton appartient à la France à dater du 17 novembre 1858.

Rome, le 28 janvier 1931

                                                                             Victor  Emmanuel. 

Cet arbitrage fait jurisprudence  à savoir qu’une prise de possession effective suffit pour conférer à un état la souveraineté sur un territoire vacant. Et ce qui est le plus important pour Clipperton et le France, le texte stipule : « La souveraineté reste acquise, même si la prise de possession n’est pas suivie d’une occupation permanente ou temporaire ».

Si la France accueille la nouvelle dans la plus complète indifférence,  la réaction des mexicains est très violente, la Presse mexicaine se déchaîne contre la France et la Cour de Rome.

Dans le bulletin du cours complémentaire de Charenton le Pont, « Actualités », on peut lire un article écrit par le maître d’école monsieur Robert Gras :

« le 5 février 1931 : Clipperton.

Conflit avec le Mexique qui vient d’être réglé par l’arbitrage du roi d’Italie Victor Emmanuel III. Intérêt en jeu de maigre importance.

Ilot de Clipperton :

6 Km. Formation en partie corallienne à 1.300 Km de la côte mexicaine. Terre inhabitée n’ayant d’autre ressource que le « guano ».

            Le litige :

Un Armateur du havre ayant proposé l’exploitation de l’îlot, le lieutenant « Le Coat de Kervéguen » prend possession de Clipperton au nom de l’Empire français en 1858.

Puis les américains y recherchent des phosphates quand en décembre 1908 le croiseur français « Catinat » en surveillance dans le Pacifique y rencontre une garnison mexicaine.

« L’affaire de Clipperton » donna lieu à d’interminables échanges de vues.

Rapports, mémoires etc.

Les droits de la France sont officiellement reconnus mais quel profit tirer de ce pauvre îlot débarrassé maintenant de sa seule richesse ».

Le 14 février, on peut lire l’article suivant dans le journal l’Illustration :

« L’île de Clipperton.

Notre empire colonial vient de s’augmenter d’un rocher. En 1858 un officier de notre marine militaire prenait possession, au nom de la France, de l’îlot Clipperton situé dans la Pacifique à environ 1.100 kilomètres de la côte du Mexique, 3.000 de Los Angelès, et 3.400 de Panama.

Par la suite, nous nous désintéressâmes de cette acquisition territoriale, si bien que les américains s’y établirent et y hissèrent le pavillon étoilé. D’où des démarches de notre diplomatie à Washington à la suite desquelles le Secrétaire d’Etat des Etats-Unis reconnut nos droits. Mais à peine ces occupants eurent-ils quitté l’île que les Mexicains les remplacèrent. En 1908, le croiseur Catinat, une vieille « baille » de notre division navale du Pacifique, trouva le pavillon de cet Etat flottant sur Clipperton gardé par un petit poste de soldats. Aussitôt nouvelles réclamations diplomatiques, mais cette fois sans résultat. Le Mexique se refusa à reconnaître nos droits ; après de longues négociations, les deux parties, ne pouvant s’accorder, convinrent de soumettre leur différend à l’arbitrage du roi d’Italie, S. M. Victor Emmanuel III, qui vient de se prononcer en notre faveur.

            Clipperton, dont la propriété nous a été ainsi définitivement reconnue, est une île corallienne. Comme les récifs de cette nature, elle se compose d’un étroit cordon rocheux formé par l’entassement des coraux constructeurs, lequel enveloppe une lagune. Ainsi qu’on peut s’en rendre compte en examinant la carte, l’îlot en question est de dimensions  fort modestes. Il possèderait, dit-on, des gisements de guano et de phosphates, et sa lagune offrirait, a-t-on dit, un port de relâche pour hydravions entre la côte ouest de l’Amérique et Tahiti. L’étude de la carte marine laisse très septique à cet égard. L’amerrissage sur la nappe en question longue de 2.000 mètres environ paraît fort dangereux en raison de « cailloux » dans la partie centrale ; d’autre part, en cas de tempête, les appareils ne s’y trouveraient pas en sécurité, la mer, d’après les instructions nautiques, passant par-dessus le cordon littoral.

            Au point de vue du droit  international public, la décision qui vient d’être rendue est fort intéressante. Actuellement plusieurs puissances annexent à leurs  domaines de vastes territoires arctiques et antarctiques, et ces annexions proclamées par ordonnances ou décrets soulèvent des protestations et des réclamations. La sentence rendue par le roi d’Italie fonde en quelque sorte une jurisprudence dans la question de la propriété de ces terres inoccupées ; elle établit  qu’une prise de possession effective suffit pour conférer à un Etat la souveraineté sur un territoire vacant et que la souveraineté acquise ne se perd pas si la prise de possession n’est pas suivie d’une occupation permanente ou temporaire.

Dans la Revue Générale des Sciences de 1931, suite à l’arbitrage du Roi d’Italie, Gustave Regelsperger signe l’article suivant qui a pour titre :

« L’île de Clipperton définitivement française »

« Située dans l’Océan Pacifique à 3.000 kilomètres de Panama et à 1.240 de la côte occidentale du Mexique, l’île de Clipperton n’avait jamais cessé d’être regardée comme appartenant à la France qui avait de sérieuses raisons justifiant ses droits de l’occuper, mais un conflit s’était élevé avec le Mexique qui avait de son côté des motifs l’intéressant à cet îlot. L’accord a pu heureusement être établi d’une façon loyale et solide par une décision du roi d’Italie, Victor Emmanuel III, qui, en sa qualité d’arbitre désigné par les deux Etats, reconnut en 1931, la souveraineté de notre pays sur cette île lointaine : au point de vue administratif, elle est rattachée au gouvernement de Nouvelle Calédonie. (Elle est rattachée à la Polynésie française : NDA).

 L’île de Clipperton est une terre assez isolée, située par 10°13’24’’ lat. N   111°27’50’’ long. O. (10° 13 N et 109°13 O. NDA); aux approches de l’Amérique, mais encore bien au large du Mexique. Sorte de récif corallien, cet îlot présente un rocher d’une cinquantaine de mètres d’altitude (29 mètres : NDA) et sa superficie est de 5 Km² (2 Km² : NDA)

Découverte en 1705 par l’un des compagnons du navigateur anglais William Dampier, le capitaine Clipperton (Découverte le 3 avril 1711 par le navigateur français Michel Dubocage commandant le navire  la Découverte : NDA), qui avait accompli dans une frêle embarcation de 10 tonneaux la traversée du grand Océan Pacifique, l’île qui reçut son nom de fut pas occupée de suite. C’est en 1858, le 17 novembre, qu’une première prise de possession de l’îlot fut réalisée par le lieutenant de vaisseau français Le Coat de Kervéguen. Mais des difficultés se produirent. On vit à un moment arborer dans l’île le drapeau américain, mais il fut vite retiré, aucune prétention sur cette île n’ayant été émise.

Mais ce fut ensuite avec  le Mexique qu’un conflit prit naissance. Cet état envoya dans l’île un navire qui vint y dresser son pavillon, l’occupation de cette terre lui paraissant nettement résolue. Cette pénétration ne pouvant être admise par la France, elle proposa, en 1907, un recours à un arbitrage. Ce fut seulement par une convention du 2 mars 1909 que le choix d’un arbitre, porté sur le roi d’Italie, fut accepté par le Mexique. Et il s’écoula un temps bien long et incompréhensible jusqu’à ce que la solution ait pu intervenir, mais elle est définitive aujourd’hui.

            Si petite que soit cette île, elle présente néanmoins une grande importance à un point de vue, c’est qu’elle se trouve être un lien précieux, entre le canal de Panama et l’Asie, en passant par les îles Hawaï. (pas exactement sur la route : NDA)

Aujourd’hui que le canal de Panama est ouvert, l’île Clipperton offre du côté occidental, le même intérêt que l’île Saint Thomas dans la mer des Antilles.

L’île n’a longtemps apparu que comme un simple rocher, émergeant de la mer, en atteignant le plus souvent de 12 à 13 mètres seulement (1 à 4 mètres : NDA), mais ce rocher, comme on le constata, faisait partie d’un groupe de deux îles basses (Une seule île qui est une couronne corallienne dont le lagon est fermé, à l’extérieur côté océan il y a un platier dont la largeur varie de 50 à 100mètres, puis c’est le tombant, là où se situe la barre : NDA), et se trouvait dans sa zone méridionale. Cet ensemble insulaire a la forme d’un quadrilatère dont les angles auraient été arrondis (De forme ellipsoïdale à grand axe N.-NO, S.-SE. L’auteur se base probablement sur la carte établie en 1711 par Michel Dubocage, qui l’avait dessiné en forme de quadrilatère aux bords arrondis : NDA) son pourtour est d’un peu plus de 8 milles (8 milles, soit 15,4 Km, en réalité la couronne mesure 12 Km : NDA). A l’intérieur est un lagon de 6 milles environ de circonférence (Le lagon à, à peu près la même circonférence que la couronne corallienne : NDA), dont les contours sont à pu près parallèles à ceux de l’île. Au centre de ce lagon est une cavité profonde où l’eau apparaît bleue. Le lagon communique avec la mer par deux passes larges de 120 à 150 mètres, et qui se trouvent l’une dans la partie nord-est, l’autre dans la partie sud-est (A cette date les passes sont fermées, l’auteur se reporte à une description d’avant 1850, où ces passes étaient ouvertes : NDA). Sur les bords du lagon, on peut élever des constructions qui abriteront contre les vents du large les eaux intérieures du bassin intérieur, ce qui en fera un excellent port de protection (Impossible à réaliser étant données les conditions météorologiques difficiles et l’étroitesse de la couronne corallienne : NDA)

Comme mise en valeur de cette île lointaine, on peut tenir compte, en dehors des intérêts d’accès au canal de Panama, de certaines ressources naturelles qu’elle offre, mais qui sont peu variées. L’île est à peu près dépourvue de végétation, quoiqu’il y pousse quelques cocotiers (Importés par l’homme au début du XXème siècle : NDA), et aucun arbre n’y croit. La vie animale n’a pas pu davantage s’y développer. Cependant le sol sert de refuge à un grand nombre d’oiseaux de mer qui se groupent surtout sur des terrains recouverts d’une espèce de gazon (Liane Ipoméa pes caprae : NDA).

Parmi les ressources de l’île on peut surtout tenir compte du corail qui forme toute une ceinture autour, et à travers laquelle s’ouvrent les deux passes par où l’on pénètre dans cette terre   (même remarque que précédemment : NDA).

. C’est surtout le corail qui paraît avoir créé le sol de l’île (Un atoll la résurgence du cratère d’un volcan qui s’est enfoncé dans la mer et  sur lequel est venu se fixer le corail : NDA). Cette ceinture de corail s’élève uniformément de 3 à 4 mètres au dessus du niveau de la mer (1 à 2 mètres : NDA) ; sa largeur est d’environ 100 mètres (La couronne corallienne mesure de 35 mètres dans sa plus petite largeur à 400 mètres dans sa plus grande : NDA). Sur le pourtour s’élève, du côté Sud-est, un rocher de corail  (Le rocher est constitué de lave trachytique et rhyolitique, et c’est tout simplement la partie émergée du cratère d’un ancien volcan : NDA),  et formant sur une sorte de terrasse large de 200 mètres (Les flancs du rocher sont abruptes : NDA), comme un château en ruine, dominant de 80 mètres (29 mètres : NDA),  le niveau de la mer. La mise à profit de ces formations coralliennes sont si considérables dans l’île pourraient certainement amener à fournir d’importants avantages, de même que l’exploitation de phosphates (Toutes les exploitations antérieures du phosphate ont été abandonnées à cause de sa  mauvaise qualité : NDA).

L’île de Clipperton offre aussi une autre ressource, c’est qu’elle est riche en guano, comme beaucoup d’autres îles du Pacifique, voisines du continent américain. C’est une matière de formation parfois très  ancienne, résultant de l’accumulation d’excréments et de cadavre d’animaux marins, et que l’on emploie comme engrais (Le guano est constitué uniquement d’excréments d’oiseaux. Il est constitué d’ammoniaque, de phosphore, d’acides uréiques, oxaliques, carboniques, de certains sels et d’impuretés telles le sable corallien. A Clipperton la densité du sable corallien est trop importante, et c’est la raison de l’abandon de l’exploitation de ce guano : NDA). Ces gisements, connus depuis longtemps, ont précisément amené la France à occuper l’île (Le problème c’est que l’île n’a jamais été occupée de façon régulière, et c’est un des motifs invoqués par le Mexique qui en réclame la souveraineté : NDA), car c’est sur l’investigation d’un armateur havrais, M.Lockart, qui voulait se faire concéder l’exploitation du guano, que le lieutenant de vaisseau Le Coat de Kervéguen, prit possession de l’île en 1858 Quoique ses entreprises n’aient pas réussi (Suite à l’analyse et le résultat négatif de la qualité du phosphate, M. Lockhardt abandonne le projet d’exploitation trop coûteux et peu rentable : NDA), elles mériteraient d’êtres essayées à nouveau par d’autres.

Déjà une compagnie américaine avait voulu tenter à son tour une pareille exploitation, mais la France, par son occupation, vint arrêter cette entreprise (En réalité la compagnie américaine « Ocean Phosphate Company » a abandonné l’exploitation du phosphate à cause de sa mauvaise qualité : NDA).

 Aujourd’hui que l’île est solidement française, il faut reprendre tous les efforts pour la mise en valeur de ses ressources.

Rédaction d’un élève du cours complémentaire de Charenton le Pont.

1932 :

Au début de l’année, grâce à un travail diplomatique mené dans l’ombre par la France qui savait que le Mexique voulait entrer dans le cercle fermé de la Société des Nations, notre pays donna  lui sa voix et usa de toute son influence pour faire élire un ministre mexicain, Monsieur Castillo Najera,  comme Président de l’Assemblée de la Société des Nations. Mais ce travail « Diplomatique de l’ombre » n’était pas innocent.

En effet dans le pacte des nations signataires, un des articles, le n°13, stipule :

« Les membres de la Société s’engagent à exécuter de bonne foi le rendu des sentences »…. Dont acte !

En octobre, le Sénat mexicain prend une décision courageuse qui calme les esprits.

Comme Clipperton est inscrit comme possession dans la constitution mexicaine, il propose de changer la constitution.

Le 14 décembre, le Sénat approuve en 3ème lecture par 29 voix contre 12 que Clipperton ne fait plus partie des possessions mexicaines.

1933 :

Le 8 mars,  la Chambre des députés du Mexique accepte la sentence arbitrale du Roi d’Italie.

 

1934 :

Le 6 janvier, le navire de recherches Valerio III , arrivé devant Clipperton, ne peut débarquer de personnel. Il va néanmoins récupérer des échantillons par dragage  nous loin de l’île.

Le 18 janvier, paraît au journal officiel mexicain, le décret qui supprime Clipperton de ses possessions.

Ce qui en clair signifie que l’île est officiellement rendu à la France.

Cette même année, le Ministre des affaires étrangères demande avec insistance au Ministre de la Marine qu’un navire de la Marine nationale passe à Clipperton avant la fin de l’année.

Le 17 juillet : visite du navire de guerre américain : « U S S New Orleans », motif ?.

Le 2 décembre, le Croiseur école Jeanne d’Arc, commandé par le Capitaine de Vaisseau Donval est devant Clipperton.

Les 2 et 3 décembre, des tentatives de débarquement sont effectuées mais sans succès, la houle est trop forte. Le navire continue sa route vers San Diégo.

Devant cet échec, le Ministre des Affaires étrangères demande que le navire retourne à Clipperton pour effectuer une nouvelle tentative.

Croiseur Jeanne d’Arc à Clipperton

                                                                         Médaille remise à chaque membre de                        Plaque posée sur le Rocher.

l’équipage suite à l’escale de Clipperton

1935 :

Le 12 janvier, Jean La Veyrie relate cet évènement dans le journal « L’Illustration » :

« Le passage du Croiseur Jeanne d’Arc à l’île Clipperton.

Beaucoup de français connaissent-ils, même sommairement, l’affaire dite de Clipperton et se souviennent-ils que l’île du même nom après avoir été contestée pendant quarante ans entre la France et le Mexique, nous a été définitivement attribué, en toute propriété et souveraineté, par une sentence arbitrale de S. M. le roi d’Italie datée du 28 janvier 1931 ? Bien que l’Illustration ait alors pris soin d’informer ses lecteurs de cette décision historique, il paraît douteux que l’attention de nos compatriotes  se soit longtemps fixée sur une terre minuscule et lointaine, simple atoll où se dressent, à côté d’un rocher solitaire et paradoxal, de rares bouquets de cocotiers courbés sous le vent.

Aussi bien  Clipperton (latitude nord 10°17’, longitude ouest 109°13’ méridien de Greenwich) n’eut-elle autrefois un peu de renommée et d’importance que par la richesse de ses gisements de guano. Or, ces gisements ont disparu, exploités dans leur totalité par les mexicains au cour de leur longue occupation, et c’est aux innombrables oiseaux de mer qui peuplaient l’île à reconstituer cette richesse. Alors pour l’instant, que penser de ce petit morceau de notre empire, de ce domaine inhabité, à peu près privé d’arbres et d’eau et très souvent inaccessible à cause des brisants qui l’entourent ? Affirmons-le, il y a vraiment peu de chance qu’aucun Crusoé, fuyant la société des hommes, ne vienne jamais s’exiler à ce bout du monde.

          Sans remonter loin dans le passé, indiquons d’abord que la première prise de possession de Clipperton date de 1858. Mandaté par le gouvernement impérial, le lieutenant de vaisseau Le Coat de Kervéguen arriva de Tahiti, à bord du navire de commerce l’  Amiral , pour procéder à cette opération, l’atoll et son lagon étant réputés res nullius (la chose de personne, en droit : le droit des biens :NDA). Après quoi, le croirait-on, et jusqu ‘en 1897, nulle apparition de nos couleurs devant l’île ! C’est le  Duguay Trouin , croiseur amiral de la division du Pacifique, qui interrompt, si l’on peut dire, la prescription. Un officier, escorté de quelques hommes, descend à terre, y découvre trois habitants se disant employés d’une entreprise américaine et rembarque à bord après une heure et demie d’exploration.

« Nous sommes allés à terre avec le lieutenant de vaisseau Terrier, écrit à sa famille, en novembre 1897, l’un des compagnons de l’officier. L’île est couverte de guano qui répand une odeur insupportable. Les oiseaux pullulent, on marche sur des couvées. Nous avons rapporté plus de 2.000 œufs dans le canot, de quoi faire des omelettes pendant trois jours ».

Mais voici que les affaires s’embrouillent. A peine le  Duguay-Trouin  avait-il repris la mer qu’un aviso mexicain, le  Democrata sur, l’ordre de son gouvernement, reconnaît Clipperton, y débarque du personnel militaire et civil et plante sur le rocher le tricolore vert-blanc-rouge. Il rapatrie, de gré ou de force, les trois habitants et rend compte que, n’ayant trouvé à terre ni gardien qualifié d’une puissance étrangère, ni dépôt de vivres, ni témoignage d’une occupation constante et exclusive, il considère l’île Clipperton, d’ailleurs relativement voisine des côtes d’Amérique, comme res nullius  et chose délaissée dont le premier venu a le droit de s’emparer.

D’où conflit diplomatique, discussion marchant à l’extrême ralenti, conversations, mémoires et répliques, tant à Paris qu’à Mexico. Pendant ce temps-là, l’exploitation du guano, méthodiquement commencée par le personnel débarqué du Democrata, se poursuit à la cadence de 250 tonnes par an, et le croiseur français  Catinat, passant en vue de la terre le 28 décembre 1908, se borne à échanger un salut de courtoisie avec le détachement mexicain rangé, à son approche, sur un petit wharf depuis démoli par la mer.

En mars 1909, convention d’arbitrage entre les deux parties. S. M. Victor Emmanuel III accepte de faire l’étude du litige en vue de trancher.

Fin 1917 : les gisements de guano étant épuisés, les mexicains abandonnent Clipperton et les installations qu’ils y ont faîtes. (il n’en reste que quelques ruines) (En réalité la garnison de Clipperton a été abandonnée suite à la guerre civile qui règne au Mexique : NDA).

Et puis c’est l’épilogue : 28 janvier 1931, sentence arbitrale.

Pour manifester notre souveraineté, désormais reconnue par le haut arbitre, le croiseur Jeanne d’Ar , commandant Marquis, devait en mai 1933, se présenter devant l’île et y sceller le pavillon français au faîte du fameux rocher. Au dernier moment l’expédition fut contremandée et ce n’est que le 2 décembre dernier  que le même bâtiment, parti de Panama à la fin de novembre, réalisa les intentions gouvernementales. Au commandant actuel du croiseur école  Jeanne-d’Arc, le distingué capitaine de vaisseau Donval,  qui, avec tant de brio et de succès, instruit et promène sur les mers notre jeunesse navale, incombait donc la mission honorable de réoccuper ou de ré annexer, si l’on veut, Clipperton « au nom du peuple français ».

            Hélas ! Ni le commandant Donval, ni personne des siens ne purent mettre le pied à terre. Une forte houle, s’écrasant en volutes  sur les brisants, rendait l’accès au rivage absolument impraticable. On se rapprocha le plus possible par canots, doris, et radeaux. Peine perdue : une « barre » infranchissable interdisait qu’on s’obstinât devant l’obstacle. Et il ne fut donné à aucun Français de débarquer dans l’inhospitalière « colonie », encore que pendant deux jours on essayât tout pour y parvenir.

Il y eut cependant une fête à bord, concert et théâtre, suivant l’ordonnance prévue des « Grandes journées de Clipperton » annoncées, par un programme illustré, aux élèves officiers et à l’équipage. De plus on pêcha la tortue, le requin et même de magnifiques poissons de roche, autrement comestibles. Puis on partit vers d’autres cieux, ceux de la Californie.

Deux jours après la tentative de descente dans l’île, le 4 décembre, un élève officier de la  Jeanne d’Arc écrivait :

« Il n’y a pas de guano, apparemment.  Je dis apparemment, puisque nous avons dû nous contenter d’une télé inspection à la jumelle. La terre semble couverte d’une plante rampante qui, du large, la colore en vert tendre. L’île aux Oiseaux mérite bien son surnom. Plongeurs roux et pies de mer blanches s’envolent par myriades et plusieurs de ces volatiles criards, alors que les radeaux tentaient l’approche des brisants, voulaient tout simplement se poser sur nos têtes. Mais nous leur faisions des objections, à cause du guano. »

            Telles sont, à la date de ce jour, les dernières nouvelles de Clipperton la Déserte. Et il est bien possible que, d’ici longtemps, on n’en reçoive plus d’autres».

Le 25 janvier, le croiseur école arrive aux alentours de Clipperton. Le débarquement est réussi.

Le drapeau français est hissé au sommet du rocher et une plaque commémorative y est scellée.

C’est la première fois de l’histoire que le drapeau français flotte sur Clipperton.

Pour la petite histoire, cette plaque porte la date du 2 décembre 1934, puisque le débarquement était programmé pour ce jour.

Une médaille commémorative est distribuée à chaque membre de l’équipage, et un tampon spécial à la date du 25 janvier  est utilisé pour le courrier. Il est jeté à la mer le lendemain.

L’hydravion du croiseur est catapulté et prend de nombreuses photos.

Ces photos plus les différents relevés effectués permettent de dresser une carte assez exacte de Clipperton. Cette carte est publiée en 1937 par le service hydrographique de la Marine.

Suite à ce débarquement, l’illustration en date du 2 mars 1935 relate cet évènement par un article intitulé :

« Le drapeau français flotte sur Clipperton » . 

 « Dans son numéro du 12 janvier, l’Illustration a conté la longue contestation qui, pendant quarante années, opposa la France et le Mexique au sujet de la possession de l’île Clipperton, jusqu’à ce qu’une sentence arbitrale du roi d’Italie Victor Emmanuel III, en date du 28 janvier 1931, nous eût attribué définitivement ce minuscule îlot inhabité et bordé de récifs. Nous avons dit aussi comment, pour manifester sa souveraineté, le croiseur école Jeanne d’Arc  avait le 2 décembre dernier, inutilement tenté de planter le pavillon français au faîte du fameux rocher. Une forte houle rendait l’accès du rivage absolument impraticable et canots, doris ou radeaux se heurtèrent à une « barre » infranchissable. Notre collaborateur Jean de Veyrie, qui nous donnait ces détails ajoutait : «  Telles sont, à la date de ce jour, les dernières nouvelles de Clipperton la Déserte. Et il est bien possible que, d’ici longtemps, on n’en reçoive plus d’autres ».

            Mais le gouvernement n’a pas voulu rester sur cet échec et, sur ses instructions, le capitaine de vaisseau Donval, commandant de la Jeanne-d’Arc, a renouvelé sa tentative. Celle-ci, cette fois, a été couronnée de succès, le 26 janvier.

            On avait profité de l’expérience, et un chef de quart, qui s’était entraîné à Long Beach à se faire porter en doris sur une crête de lame sans être pris de travers, à sauter dans l’eau en maintenant la barque et à donner un règlement de manœuvre à l’armement de son doris, réussit à passer en se faisant porter par trois lames sur 30 ou 40 mètres. Il y eu un moment de grosse émotion lorsqu’un des membres de l’expédition tomba à l’eau, car autour e l’embarcation, les requins pullulaient. On débarqua ainsi deux fois. Le premier jour, ce fut pour planter des pavillons français et pour sceller une plaque, préparée pour l’expédition précédente, qui portait ces mots :

 « Jeanne d’Arc  à Clipperton. 2 décembre 1934 ». Le deuxième jour, ce fut pour faire un relevé topographique, recueillir des échantillons géologiques et des plantes. Un hydravion a photographié l’île. La position exacte du rocher a été relevée et on a sondé tout autour.

Le guano, qui avait autrefois attiré les Mexicains, est aujourd’hui à peu près disparu.

Nos marins, en revenant à bord de la  Jeanne d’Arc  étaient, toutefois, dans la stupéfaction que des gens aient pu demeurer pendant plusieurs années sur cet atoll où poussent tout juste huit cocotiers, où il n’y a pas une goutte d’eau douce et où le soleil est intolérable »

Le 15 mai, parait dans la revue « LA NATURE » un article sur les oiseaux de l’île de Clipperton, sous la plume de A Feuillée-Billot.

1936 :

Le 11 juin, un décret place Clipperton sous les ordres du Gouverneur de la Polynésie française. Ce dernier dépend lui-même du ministre d’état chargé des Département et Territoires d’Outre-Mer.

On songe à Clipperton pour faire une escale de la « ligne aérienne impériale » autour du monde, qui aurait relié Paris à Paris en passant par : Casablanca, Dakar, Fort de France, Clipperton, Papeete, Nouméa, Saigon, Pondichéry, Djibouti, Tunis.

1938 :

Le 21 juillet, le croiseur américain U.S.S. Houston, escorté du croiseur New Orleans croise dans les eaux de Clipperton.

A bord du Houston se trouve le Président Franklin Delano Roosevelt accompagné par ses fils et  par  le Docteur Waldo Schmidt du l’U.S National Museum. Officiellement, ils sont venus pêcher…

Schmidt et un groupe d’officiers débarquent sur l’île pour y récolter des échantillons de faune et de flore.

Un journaliste du New York Times mentionne cet évènement dans son article et donne la précision suivante : « Clipperton, île mexicaine »… Le Ministre des affaires étrangères français Louis Barthou, en l’apprenant, demande aussitôt des informations à son chargé d’affaires à Washington, on frôle l’incident diplomatique.

1941:

Visite du bâtiment de guerre américain : « U S S Wainwright »; motif ? ..

1942 :

Nous sommes maintenant dans la deuxième guerre mondiale.

Le 17 avril, un peu plus de quatre mois après Pearl Harbour (7 décembre 1941), le croiseur américain USS Atlanta  envoyé en reconnaissance à Clipperton, arrive en vue de l’île.

Il affirme que les japonais ont installé une station radio sur l’île, afin de recueillir les informations d’agents espions nippons opérant en basse Californie.

Mais officieusement, cette visite s’inscrit dans un programme d’investigations d’îles isolées du Pacifique, en vue d’étendre leur dispositif de défense.

Des sondages sont effectués, et une courbe de niveau des fonds marins est dressée.

Il s’avère que les fonds marins descendent à 910 mètres de profondeur à 900 mètres dans le sud de l’île et à la même profondeur à 1.800 mètres dans le nord de l’île.

Aux dires des spécialistes, Clipperton se trouve bien sur une montagne sous-marine allongée dans un axe Sud-est, Nord-ouest.

1943 :

En septembre, sous l’autorité du Contre-amiral de réserve Richard Byrd, le navire U.S.S. Concord  se rend à Clipperton. Un détachement américain débarque et procède à l’étude de l’établissement d’une piste d’atterrissage afin d’y faire atterrir des avions du type « Dakota ».

Les 13 et 14 septembre un cameramen de l’U.S. Navy, monsieur Irvine, tourne un film l’opération.

Le 15 décembre l’étude est terminée.

Dans le rapport établi, il ressort que le lagon peut servir de base pour des hydravions et la possibilité d’aménager trois pistes d’aviation.

Etant donné la durée des travaux d’environ trois ans et le coût estimé à 22 millions de dollars, ce projet est abandonné.

Un pilote d’hydravion australien, le flight officer Taylor s’intéresse à Clipperton.

Il convoie des hydravions Catalina, achetés par son pays aux Etats-Unis.

Il part de Houston au Texas et rallye Sydney via les îles Hawaï.

Il décide de tenter une nouvelle route, et de se poser sur le lagon de Clipperton.

Ayant obtenu les autorisations… des américains ( ? : NDA) avec un équipage de 4 hommes, il effectue un vol de reconnaissance sur Clipperton. Il définit un endroit où stocker du carburant.

1944 :

En octobre, à bord d’un hydravion type catalina baptisé « Fregate Bird », Taylor part de Houston, se pose sur le lagon, fait le plein d’essence et le 14 octobre il décolle de Clipperton pour rejoindre Sydney via l’île de Bora Bora.

Le gouvernement américain décide, dans le plus grand secret, d’installer une station météorologique sur Clipperton.

Cette opération est confiée au Contre-amiral de réserve Georges Lowry.

Cette opération est baptisée « Island X ».

Sans s’occuper des conditions météorologiques défavorables en cette période de l’année, il est décidé d’agir très rapidement :

Le 11 décembre, un premier navire,   l’Argus  arrive sur place. Des hommes débarquent sur l’île et ils commencent par hisser le drapeau américain !

Le 22 décembre, le  LST 563  (Landing Ship Transport), essaie de s’échouer par l’avant afin de décharger son matériel. Le temps est très mauvais. Après la cinquième tentative, il est drossé sur le platier de corail et s’échoue par le travers. La violence du ressac rend impossible tout débarquement. Les trois jours suivants la tempête fait rage.

Le 25 décembre, les opérations de débarquement peuvent seulement commencer, ce qui, de plus, permet d’alléger le navire qui peut embarquer jusqu’à 1.900 tonnes de fret.

Le même jour le remorqueur Seize  arrive sur zone pour tenter de déséchouer le LST 563.

Les 28 et 29 décembre, le temps est toujours aussi mauvais et les tentatives échouent les unes après les autres.

Le 30 décembre, le câble qui permet de tirer le LST, long de 108 mètres, se prend dans l’hélice du remorqueur. Plus manoeuvrable il s’échoue à son tour par le travers.

 

1945 :

Le 9 janvier, le navire atelier  Viking  et le remorqueur  Tenino  arrivent à leur tour sur Clipperton. Pendant ce temps, la station météorologique est installée

Le 13 janvier,  les premières observations sont envoyées.

Toutes les tentatives pour déséchouer le LST 563 échouent.

Le 31 janvier il est décidé d’abandonner le LST dans sa position, et de tenter de déséchouer le remorqueur  Seize.   Les premières tentatives sont couronnées de succès.

Le  Seize  très endommagé au niveau de ses moyens de propulsion est remorqué vers le port militaire de San Diégo.

Pour la petite histoire, parmi les hommes du détachement américain présents cette année, se trouve un Radioamateur dont l’indicatif est « K2BBZ ». Il réalise de nombreuses photos pour le compte de l’Oncle Sam.

Le 29 janvier, cette opération tenue secrète sous couvert du « secret militaire en temps de guerre » est révélée par le Commandement de la Marine américaine au Chef de la Mission Militaire française à Washington, l’Amiral Fénard.

Ce dernier avertit immédiatement le Général de Gaulle.

Par un télégramme en date du 1er février, le Général de Gaulle répond à celui de l’Amiral Fénard en ces termes :

«  Votre télégramme du 29 janvier m’informe de la démarche faite auprès de vous par la Marine américaine au sujet de l’occupation de Clipperton accomplie motu proprio par les américains. Vous répondrez à la Marine américaine que le secret des opérations ne lui confère pas le droit de violer à Clipperton la souveraineté française. Vous ajouterez que le gouvernement français considère que le respect de cette souveraineté par ses propres alliés est, à ses yeux, plus important pour la conduite de la guerre par notre coalition que le secret d’une opération américaine … Veuillez, d’autre part, envoyer sans délai un élément français ».

Les américains s’exécutent et embarquent le lieutenant de vaisseau Louis Jampierre  à bord du  Grand Island.

Le 16 février, le Grand Island arrive à Clipperton.

Malgré la colère du Général de Gaulle, les américains continuent leur occupation et leur drapeau flotte  toujours sur Clipperton.

Le 2 septembre, est signé l’acte de reddition du Japon. La station météorologique de Clipperton, qui a rendue de très grands services à la Marine et à l’Aviation américaine dans le Pacifique, ne présente plus d’intérêt.

Le 23 octobre, l’ordre est donné de quitter « l’île X », alias Clipperton.

Le navire Grand Island  est chargé d’embarquer le matériel. Le temps est très mauvais et il s’avère impossible de tout embarquer. Un stock de 60 tonnes de munitions et du gros matériel est abandonné sur l’île.

Le stock de munitions est toujours visible de nos jours ainsi que le gros matériel, rongé par la rouille.

Une partie a été détruite lors du passage du B2M d’Entrecasteaux en juillet 2016.


1946 :

Un riche homme d’affaires qui vit en Californie, présente au gouvernement français un projet  pour aménager Clipperton et en faire un lieu de plaisance. Sa demande de concession est rejetée.

1947 :

Le 19 mai, naufrage du thonier Thisle, de San Pedro,  armé par la California Marine Curing & Packing Company of Terminal island.

Son capitaine, William Noble et ses hommes d’équipage Walter Richards, Robert Marshall, Charles E. Warren et Gilbert B. Stethe passent six semaines sur l’île.

Le 29 juin, ils sont récupérés par un autre thonier, le Normandie qui part pêcher sur les côtes sud-américaines. Les hommes, à part des brûlures suite à leur exposition au soleil, sont en parfaite condition physique.

Le capitaine du Normandie fait  immédiatement part de ce sauvetage au quartier général du 11ème district Naval de San Diégo.

Son Commandant, le vice amiral J.B. Oldendorf  demande au Normandie de se diriger en direction des  îles Galapagos, n’ayant aucun navire de l’U.S. Navy à proximité de Clipperton. Il envoie un navire depuis Panama pour récupérer l’équipage du Thisle.

 

1949 :

En juin,  l’Annamite  est le premier navire de guerre français à passer à Clipperton. Mais à cause du mauvais temps, le débarquement est impossible.

A partir de cette date, la Marine Nationale fera tout son possible pour envoyer des navires sur Clipperton afin d’y réaffirmer la présence française.

Nous sommes pendant la guerre d’Indochine, et la Marine nationale est très sollicitée.

Cette même année, le VIIe congrès Scientifique du Pacifique se tient à Auckland en Nouvelle Zélande. Il émet le vœu que des stations météorologiques et séismologiques soient installées sur Clipperton.

1950 :

A partir de cette année, vont se dérouler de nombreuses expéditions scientifiques.

La botaniste française Marie-Hélène Sachet va participer à quelques unes des huit  expéditions.

La botaniste suppose que deux aviateurs auraient séjournés sur Clipperton à en croire les inscriptions laissées sur les baraques.

1951 :

Le 23 avril, en rentrant de mission en Terre Adélie, le Commandant Charcot y fait escale. Quelques hommes de l’équipage peuvent débarquer.

Dans le numéro de août/septembre de la revue « Tropiques », le colonel de l’armée de l’air Louis Castex évoque la possibilité de construire une piste d’atterrissage sur Clipperton.

1952 :

Le 11 février, Le Croiseur école Jeanne d’Arc y fait  à nouveau escale.

A son bord, le colonel Louis Castex, qui veut débarquer afin d’étudier les possibilités de construire une ou deux pistes d’aviation sur Clipperton, et la possibilité d’utiliser le plan d’eau du lagon pour l’amerrissage d’hydravions.

Le débarquement est très difficile, et sur les trois embarcations une se retourne en franchissant la barre. Louis Castex est accompagné par les lieutenants de vaisseau  Macqueron ,Chaperon  et  Fabry , l’ingénieur mécanicien  Viard , le second maître de manœuvre  Cossec ,  et les matelots  Salaun  et   Saussaye . Ils constatent la présence de cochons sauvages, dont un charge le lieutenant de vaisseau Fabry.

Les lieutenants de vaisseau Macqueron et Chaperon escalent le rocher et hissent le pavillon français au sommet du rocher et la Jeanne d’Arc  tire une salve de 21 coups de canons pour commémorer l’évènement.

Il constate qu’il reste beaucoup de matériels qui date de l’occupation américaine de 1945, des baraquements, des véhicules et l’épave du   LST 563,  encore en bon état.

Le 6 avril, escale du dragueur français  La Moqueuse.

En mai, expédition par le navire de l’U.S. Navy’s Electronic Laboratory l’ U.S.S. Shuttle.

Des relevés des fonds sous-marins aux abords de Clipperton sont effectués.

Un recensement de la faune sous-marine est pratiqué ; principalement orienté sur les mollusques.

Les résultats de ces études et prélèvements sont confiés aux chercheurs de l’Université de Berkeley en Californie.

En février la « Revue Maritime » consacre à Clipperton, un très long article écrit par le capitaine de frégate A.Goua, commandant du Commandant Charcot,  Pour la petite histoire, on y relève toujours la même erreur concernant sa découverte par Clipperton en 1705.

1953 :

Le 1er janvier escale du dragueur La Moqueuse.

La revue « Géographia », dans son numéro de février Pierre Gauroy rédige un article intitulé : «  Une terre française presque inconnue : CLIPPERTON ».

1954 :

Le 12 décembre, expédition de la « Scripps Institute of Oceanography’s Acapulco Trench expedition ». C’est le navire Spencer F. Baird qui se rend à Clipperton avec à son bord les chercheurs Stanley O’Neil, James B. Gordon et Robert L. Fisher.

Du 23 avril au 26 a lieu la première expédition Radioamateur (FO8AJ) sur Clipperton organisée par un américain Bob Denniston (W0NWX) (1). L’équipe est constituée par Bob Denniston, Leo Olney (W0NUC), Gene O’Leary (W0VDQ), Vern Hedman et Tom Parridge.

L’expédition quitte le port d’Acapulco fin mars à bord du navire  Sea-Rider, mais suite à la perte du sextant, il est impossible de trouver Clipperton et c’est le retour à Acapulco.

Bob Denniston affrète un autre navire le  Barco de Oro II, qui navigue sous les ordres du capitaine Braun,  et quitte Acapulco le 10 avril.

Lorsqu’ils arrivent en vue de l’île s’élève un forte tempête qui les repousse à plus de 50 milles de Clipperton,  le diesel tombe en panne, les voiles sont déchirées et ils perdent une partie de la nourriture ; ils dérivent pendant une semaine. Par radio, de l’assistance est demandée, et la marine mexicaine dépêche  trois bâtiments sur place. C’est le G-38  qui  les remorque jusqu’à l’île et le débarquement s’effectue le 23 avril. Ils effectueront 1.108 contacts avec les radioamateurs du monde entier.

(1)   Chaque radioamateur a un indicatif qui lui est personnel, délivré par l’administration de son pays, suite au passage d’une licence. La ou les premières lettres ou chiffre indique le pays suivant une liste établie par l’Union Internationale des Télécommunications, dont le siège est à Genève. Pour Clipperton l’indicatif commence par FO. (NDA)

1955 :

Le Président du Mexique, Ruiz Cortines, inaugure sur la place centrale de la ville d’Orizaba, une statue qui représente le buste de Ramon Y Vignon, considéré maintenant comme héros de la nation mexicaine.

1956 :

Le service hydrographique de la Marine américaine procède à différents travaux.

L’équipe compte dans ses rangs un officier de marine français et le géologue en chef de la France d’Outre-Mer Monsieur Obermuller. Il dresse une carte de l’île.

Un marégraphe y est installé.

Du 20 au 26 octobre, le navire Spencer F. Baird se rend à nouveau à Clipperton dans le cadre de la « Acapulco Geological Expedition ». Un marégraphe y est installé.

1957 :

Les 22 et 23 août escale de l’Aviso Dumont d’Urville, sous les ordres du capitaine de frégate A. Goua. Une plaque est scellée sur le rocher.

Le Porte hélicoptères U.S.S. Monticello  y dépose une expédition scientifique.

Dans l’équipe M. A. Obermuller, Géologue en chef de la France d’Outre-Mer. Son mémoire constitue la première étude scientifique des gisements de phosphates. Le lieutenant de vaisseau monsieur d’Anglejan-Chatillon l’accompagne dans cette mission.

1958 :

C’est l’année géophysique internationale.

Expédition de l’Inter-American Tropical Tuna Commission (Commission Interaméricaine du thon tropical). Monsieur Klauwe, de l’I.A.T.T.C. s’arrête quelques heures sur Clipperton.

Il est à remarquer qu’au cours de ces nombreuses expéditions il s’est établi une étroite collaboration entre les scientifiques français et américains.

En août et septembre, le navire Spencer F. Baird  dépose une équipe scientifique sur l’île dont la botaniste franco-américaine Marie-Hélène Sachet, qui, en compagnie d’une équipe de la Scripps Institution séjourne six mois sur l’île,cette expédition porte le nom de : « Doldrums ».

Le but de cette expédition est de récolter le plus grand nombre possible d’échantillons de faune et de flore, de façon à permettre l’étude de leurs affinités biogéographiques.

Certains échantillons d’espèces marines, telles les algues et les mollusques représentent de remarquables mélanges de formes panamienne d’une part, et indopacifique de l’autre.

Cette étude confirme cette dualité d’origine.

Il est recensé 58 cochons sauvages sur l’île.

L’équipe comprend entre autre un ornithologue, 2 entomologistes, 3 ichtyologistes et 4 biologistes plongeurs, 2 opérateurs radio.

Il est constaté que le marégraphe déposé en 1956 n’est plus opérationnel, il a été déplacé par les différentes tempêtes et ensevelie sous des débris de corail.

1959 :

Publication par Obermuller  et  Lacroix  d’une étude sur la description et l’analyse de la roche du rocher de Clipperton. Ils classent cette roche comme « rhyolitoïde à la limite d’une trachyte ». Elle était classifiée jusqu’alors comme une trachyte.

Ils décrivent, entre autre, une phosphatisation progressive de la roche.

Du 8 au 23 août  a lieu la deuxième expédition radioamateur (FO8AT).

Elle se déroule dans le cas de l’année géophysique internationale. Cette expédition se déroule grâce à l’aide de la Scripps Institution of Oceanographiy, de La Jolla en Californie.

Le 1er août, le navire  Spencer F. Baird, quitte le port de San Diego et arrive à Clipperton le 7. Le débarquement est rendu difficile par les conditions météorologiques extrêmes, fort vent et très fortes pluies. L’équipe comprend onze hommes et une femme.

1960 :

En juillet, dans la revue Mer et Outre-Mer, Monsieur Louis Castex, ancien conseiller de l’Union Française, décrit son débarquement difficile et périlleux sur l’île lors d’une escale de la Jeanne d’Arc à Clipperton le 11 février 1952.

Il pense qu’il serait judicieux d’utiliser Clipperton comme escale d’aviation pour la route Miami Papeete.

D’après lui, deux pistes pourraient être construites, l’une dans le sens de la longueur, elle pourrait mesurer 3.000 mètres, l’autre dans le sens de la largeur, d’une longueur de 1.500 mètres, qui serait dans le sens des vents dominants, c’est d’ailleurs l’emplacement de la piste aménagée par les américains en 1944.

Le lagon pourrait être utilisé dans sa plus grande longueur, soit 4.000 mètres pour l’amerrissage d’hydravion, il fait référence au Major australien Taylor qui a posé son hydravion Catalina sur le lagon en 1944.

Il émet également le vœu que le nom de Clipperton soit remplacé par le nom d’origine de l’île à savoir «  île de la passion », ou peut-être « île Jeanne d’Arc » en souvenir des deux passages du Croiseur école Jeanne d’Arc en 1935 et en 1952.

En novembre, expédition Radioamateur (FO8AN). Par Danny Well (VP2VB) dans le cadre des expéditions de la Yasme fondation (fondation radioamateur). Il réalise 300 contacts.

1962 :

Le 6 février, chavirage du navire de pêche M/S Monarch. Neuf hommes d’équipage vont séjourner sur l’île jusqu’au premier mars. Ils se nourrissent du produit de leur pêche,  d’œufs des oiseaux et boivent du lait de coco. C’est un autre navire de pêche qui les découvre et ils sont recueillis par le destroyer américain USS Robinson.

Le 14 avril escale du croiseur De Grasse. Une dizaine d’hommes débarquent et deux chaloupes se retournent en franchissant les brisants. Le pavillon français est hissé et une plaque est scellée sur le rocher.

Publication de la monographie de Marie-Hélène Sachet suite à son séjour de six mois sur Clipperton en 1958 : « Geographie and land ecology of Clipperton island. Atoll ».

Cette monographie est à ce jour une des plus complète réalisée.

1963 :

Création du Centre d’Expérimentation du Pacifique.

Arrêt de la récupération par les américains du matériel abandonné par eux en 1945.

 

1964 :

Création de la Direction des Centres d’Expérimentation du Pacifique. Le site de Mururoa est choisi pour les tirs.

1965 :

Le 1er janvier escale du Doudart de Lagrée.

Le 7 juin escale du TDC Ouragan. Une plaque est scellée sur le rocher.

Le 22 décembre escale du navire école Porte hélicoptère Jeanne d’Arc.

 

1966 :

LES MISSIONS BOUGAINVILLE

A l’initiative du Général de Gaulle, la décision est prise d’occuper militairement l’île de Clipperton.

La Marine Nationale est en charge de ces missions qui seront baptisées « Missions Bougainville ».

Composées d’un Officier de Marine (M. Le Gouverneur), d’un Médecin de Marine et de quatorze Officiers-Mariniers, ces missions se déroulèrent de 1966 à 1968.

Ces missions militaires (cinq de 1966 à 1968) avaient des tâches diverses : surveillance de la zone, étude de la possibilité de réhabiliter la piste d’atterrissage construite par les américains en 1944, observations météorologiques. Il y avait aussi une étude, mais dont il n’est fait aucune mention officiellement, c’est de connaître et de mesurer le taux de radioactivité, suite aux essais nucléaires sur le site de Mururoa.

D’importants moyens logistiques seront mis en œuvre pour assurer l’installation d’un camp sur cet atoll de Clipperton et c’est le BDC Blavet, ayant subi quelques transformations à Lorient pour accueillir 2 hélicoptères Alouette III, qui effectuera la majorité des transports de ces missions. Deux cent tonnes de matériel et matériaux sont prévues pour le montage du camp. Le débarquement de ce matériel doit se faire par baleinières de récifs embarquées avec un équipage de 15 Polynésiens lors de l’escale de Fort de France et des norias d’Alouette III.

Un détachement du 2ème régiment du Génie placé sous les ordres du Lieutenant PELLEGRINI est chargé de la construction du camp de Bougainville et notamment d’une baraque « FiIlod » bâtiment métallique à double cloison et double toit.

Première mission Bougainville :                                                                                       Le BDC Blavet arrive sur Clipperton le 06 Juin 1966 et débute le débarquement des 24 hommes du 2ème régiment de génie, placés sous les ordres du Lieutenant Pélégrini. et des 25 tonnes de  matériel nécessaires aux missions. Quelques difficultés empêchent l’utilisation des baleinières de récif et les Alouettes III sont mises à contribution. C’est le Docteur Jean Chuiton qui assure la sécurité du groupe.

Une des salles de la baraque abrite sept congélateurs et aussi six mois de vivres B type sous-marins. Autour de cette baraque FiIlod sont installés des « farés » (cases tahitiennes) Il y a des installations sanitaires : douches, lavabos et WC chimiques. Une citerne de 1000 litres assure la production d’eau douce (eau de pluie et traitement de l’eau du lagon). Deux groupes électrogènes assurent la fourniture en électricité. Pour la petite histoire, les marins donnent au détachement du Génie le surnom de EGEC ou Eau, Gaz, et Électricité de Clipperton.

Le Blavet repart avec les hommes du Génie le 04 Juillet 1966 en laissant les marins assurer leur mission.

Le Blavet a effectué un approvisionnement à San Diégo (20 juin/04 Juillet 1966)

Deuxième mission Bougainville :                                                                                     Le 11 Septembre 1966, le Blavet revient à Clipperton et repart le 12 Septembre 1966 avec la première mission. La seconde mission repartira avec le Blavet le 1er Décembre 1966 laissant l’atoll inoccupé.

1967 :                                                                                                                                     Le 3 février: Expédition « Murnel Clipperton Reasearch station.

Troisième mission Bougainville :                                                                                      La plus longue, le débarquement commence le 23 Mars 1967. Une mission scientifique se précise avec la participation du Médecin Principal de Marine Pierre NIAUSSAT. Trois jours sont nécessaires pour faire débarquer par les 10 Légionnaires les 150 tonnes de matériel au moyen des Alouettes III.     Les Légionnaires ont, en plus, comme mission de fabriquer un four à pain et de procéder aux différentes réparations du camp. Ils repartent avec le Blavet. Les marins de cette troisième mission repartent le 18 Septembre 1967.

Le 26 avril, le Blavet repart avec à son bord les légionnaires.

C’est à partir de cette campagne qu’avec l’aide d’autres médecins et de Pharmaciens chimistes que le Docteur Niaussat va diriger une étude sur l’hydrobiologie du lagon et compléter l’inventaire de la flore du lagon.  Il estime également la population de crabes terrestres (le Gécarcinus planatus Stimpson) à 11 millions d’individus.

Pendant la durée de ces missions, de 1966 à 1968, il n’a jamais été constaté de retombées radioactives sur Clipperton.

On peut dire que sous l’impulsion de ces Médecins chercheurs, les études scientifiques menées ont suscitées un intérêt mondial.

Il n’y aura cette année qu’une mission Bougainville.

1968 :

Le 5 mars escale de la Jeanne d’Arc, accompagnée par l’aviso escorteur Victor Schoelcher.

Quatrième mission Bougainville : C’est le BDC Trieux qui  assure cette mission. Il est procédé au débarquement du matériel et des hommes le 16 Mai 1968.

Cinquième mission Bougainville : Le 04 Aout 1968, à bord du LSD Foudre  arrive  la relève. Le navire repart le 5 août avec à son bord les hommes de la quatrième mission.

Le BDC Blavet revient le 11 Octobre 1968. Trois jours sont nécessaires pour embarquer les hommes et le matériel. La cinquième et dernière mission Bougainville quitte Clipperton le 14 Octobre 1968.

Pendant ces missions, notamment le Médecin Principal (en 1967) Pierre-Marie NIAUSSAT et le Médecin de 1ère classe Jean-Pierre EHRHARDT (1ère mission 1968) ont procédé à des études portant sur l’hydrologie et l’hydrographie du lagon fermé (depuis 1858), dont l’eau est saumâtre : observations chimiques, microbiologiques, zoologiques ou botaniques.  LV RAGUET Gouverneur 1ère Mission : « Trois mois sur un atoll » M. Le Médecin de 1ère classe LE CHUITTON : « Trois mois d’été à Clipperton » Les LV PIOZZIN, – Médecin de 1ère classe EHRHARD, – Médecin de 1ère classe LAFAIX ont collaboré pour la rédaction de plusieurs ouvrages scientifiques.

1969 :

Le 10 mars escale de la Jeanne d’Arc accompagnée par le Victor Shoelcher

Le 2 août escale du TCD Orage. (le T.D.C est un bâtiment Transport De Chars : NDA).

Cette même année, la « F.A.O. » ou Food and Agriculture Organization, estime à 25.000 tonnes de thons pêchés illégalement dans la Zone Economique Exclusive de Clipperton.   Aujourd’hui l’estimation porte sur 50.000 tonnes de thons par an. Les pêcheurs seraient de nationalités mexicaine, américaine et japonaise pour la majorité.

On y trouve du thon albacore, du thon obèse du Pacifique, du thon rouge. La Zone Economique Exclusive de Clipperton est la plus grande zone de thonidés au monde.

1970 :

Sortie du livre « Les oubliés de Clipperton » de Claude Labarraque-Reyssac, qui retrace la tragédie de la garnison mexicaine du début du XXéme  siècle.

Une équipe du navire océanographique du Commandant Cousteau la Calypso  débarque à Clipperton et y réalise un film.

1972 :

Le 11 avril escale du croiseur De Grasse.

1973 :

Le 1er avril escale du TDC Orage.

Au mois de décembre, les Nations Unies organisent à New York une conférence sur les droits de la mer.

1974 :

Le 23 mars, le 11 avril et le 7 novembre escale du TDC Ouragan.

1975 :

Le 5 septembre et le 8 novembre escale du TDC Orage.

1976 :

Le Commandant Cousteau débarque à Clipperton. Il est accompagné par les Docteurs Niaussat et Le Chuiton. Leur hydravion, un Catalina, piloté par Philippe Cousteau, atterrit sur la piste aménagée par les américains en 1944.

La mission fixée par le Docteur Niaussat est, entre autre, l’exploration du trou sans fond.

Leur écho sondeur permet de cartographier le fond du lagon. Ils tentent de mesurer la profondeur du trou sans fond avec un plomb de sonde. Le plomb est arrêté par la longueur du câble à 91 mètres. Une mesure antérieure donnait 94 mètres.

Cette étude a permis de compléter les mesures de physico-chimie de l’eau du lagon faîtes en 1967, et plus particulièrement de mesurer la teneur de l’eau en sel et en chlore.

Le 18 septembre, escale du TDC Orage.

Sortie du livre « Clipperton, île Tragique », d’André Rossfelder aux éditions Albin Michel.

En décembre, la « Revue maritime » publie un article de Pierre-Marie Niaussat, Médecin chef de 1ère classe de la marine, intitulé :

« Clipperton, l’île aux trésors ou rocher tragique et décevant ? ».

 

1977 :

Le 5 avril, escale de la Jeanne d’Arc, accompagnée par l’escorteur d’escadre Forbin. Pendant cette escale, le Capitaine de corvette Viellard et son équipe plongent dans le trou sans fond afin de récolter des échantillons d’eau et de sédiments  à différentes profondeurs.

Après analyse, il est confirmé que la couche surmontant le bouchon sédimentaire du trou sans fond a une forte teneur en cuivre et en magnésium.

De toutes ces études et analyses du trou sans fond, il ressort qu’il est un volcan sous-marin à sommet aplani que les spécialistes appellent un «Guyot ».

Le 24 septembre paraît dans  la revue de la Marine nationale « Cols Bleus » n° 1488, un article intitulé :« Esquisse géographique et historique : Clipperton » par monsieur René Jannot.

 

1978 :

Le 14 mars, le M/Y Phillippa quitte le port de San Diégo en Californie. A son bord une équipe de Scientifiques et de Radioamateurs de quinze personnes. Les indicatifs sont de « FO0XA à FO0XH ».

Le 20 mars, le M/Y Phillippa arrive à Clipperton et les membres de l’expédition débarquent.

Les Radioamateurs procèdent, en plus de leurs émissions,  à une étude et à une analyse de la propagation des ondes courtes depuis ce point du globe.

Les Scientifiques, de nationalité suisse, effectuent  un recensement de la faune marine vivant sur le tombant.

Le 27 mars, départ de Clipperton et retour vers les Etats-Unis.

Le 3 avril arrivée à San Diégo, après une escale à Cabo San Lucas, au Mexique, pour y débarquer un membre de l’équipe qui souffre de graves brûlures, conséquences de la réverbération du soleil sur le corail.

29.069 contacts ont été réalisés avec le monde entier ce qui est un premier record dans le cadre d’une expédition radioamateur.

Le 28 juillet, escale du TDC Ouragan.

Publication par Pierre-Marie Niaussat d’un ouvrage intitulé :

« Le lagon et l’atoll de Clipperton. Travaux et Mémoires de l’Académie des Sciences d’Outre-Mer ».

Le 29 mars, escale de la Jeanne d’Arc accompagnée par l’escorteur d’escadre Forbin.

En octobre, Pierre Marie Niaussat, ancien des missions Bougainville,  rédige un article intitulé : « Le lagon et l’atoll de Clipperton ».

La Conférence internationale des droits de la  mer, qui tient sa septième session, ne pouvant se mettre d’accord sur l’exploitation des droits de la mer, établi une sorte de droit coutumier reconnaissant aux pays riverains une Zone Economique Exclusive qui s’étend jusqu’à 200 milles des côtes. Il ne faut pas confondre avec les eaux territoriales, larges de 12 milles, qui sont une zone de souveraineté du pays riverain, mais d’une simple souveraineté économique et scientifique, en quelque sorte une zone de mer patrimoniale. Cette règle donne à la France 11.035.000 Km², (pour 1.110.071 Km² de terres émergées), ce qui la place à la deuxième place au monde, derrière les Etats-Unis avec 12.174.629 Km².

Voici quelques-uns des articles importants de cette convention :

Article 55 : Régime juridique particulier de la zone économique exclusive :

La zone économique exclusive est une zone située au-delà de la mer territoriale et adjacente à celle-ci, soumise au régime juridique particulier établi par la présente partie, en vertu duquel les droits et la juridiction de l’Etat côtier et les droits et libertés des autres Etats sont gouvernés par les dispositions pertinentes de la Convention.

Article 56 : Droits, juridiction et obligations de l’Etat côtier dans la zone économique exclusive :

1. Dans la zone économique exclusive, l’Etat côtier a :

a) des droits souverains aux fins d’exploration et d’exploitation, de conservation et de gestion des ressources naturelles, biologiques ou non biologiques, des eaux sur jacentes aux fonds marins, des fonds marins et de leur sous-sol, ainsi qu’en ce qui concerne d’autres activités tendant à l’exploration et à l’exploitation de la zone à des fins économiques, telles que la production d’énergie à partir de l’eau, des courants et des vents;

b) juridiction, conformément aux dispositions pertinentes de la Convention, en ce qui concerne : la mise en place et l’utilisation d’îles artificielles, d’installations et d’ouvrages, la recherche scientifique marine,  la protection et la préservation du milieu marin;

c) les autres droits et obligations prévus par la Convention.

2. Lorsque, dans la zone économique exclusive, il exerce ses droits et s’acquitte de ses obligations en vertu de la Convention, l’Etat côtier tient dûment compte des droits et des obligations des autres Etats et agit d’une manière compatible avec la Convention. (…)

Article 57 : Largeur de la zone économique exclusive :                                                                    La zone économique exclusive ne s’étend pas au-delà de 200 milles marins des lignes de base à partir desquelles est mesurée la largeur de la mer territoriale.

Article 58 : Droits et obligations des autres Etats dans la Zone Economique Exclusive :                                                   1. Dans la zone économique exclusive, tous les Etats, qu’ils soient côtiers ou sans littoral, jouissent, dans les conditions prévues par les dispositions pertinentes de la Convention, des libertés de navigation et de survol et de la liberté de poser des câbles et pipelines sous-marins visées à l’article 87, ainsi que de la liberté d’utiliser la mer à d’autres fins internationalement licites liées à l’exercice de ces libertés et compatibles avec les autres dispositions de la Convention, notamment dans le cadre de l’exploitation des navires, d’aéronefs et de câbles et pipelines sous-marins. (…)

3. Lorsque, dans la zone économique exclusive, ils exercent leurs droits et s’acquittent de leurs obligations en vertu de la Convention, les Etats tiennent dûment compte des droits et des obligations de l’Etat côtier et respectent les lois et règlements adoptés par celui-ci conformément aux dispositions de la Convention et, dans la mesure où elles ne sont pas incompatibles avec la présente partie, aux autres règles du droit international. ». (…).

Le 2 novembre, dans un article du journal « Le Figaro », il est écrit que le Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Alain Peyrefitte, convaincu de l’abrogation du texte sur la peine capitale dans un avenir proche, a demandé à ses services d’étudier la possibilité d’implanter un pénitencier sur l’atoll de Clipperton pour les condamnés à de longue peines, ou à la prison à vie.

Le 3 novembre, le journal « Le Monde », signal que la Chancellerie souhaite n’apporter à cette information qu’un immense éclat de rire en guise de démenti, et que l’on ne peut empêcher les journalistes en mal d’information de faire de la fiction.

Ce même jour, le journal « Les Echos » titre : « Clipperton : Canular ? ».

Puis, c’est au tour du « Matin de Paris » de titrer un article : « Un bagne dans le Pacifique : justice fiction »

Le 25 novembre, le journal « l’Est Républicain » fait également état de ce démenti.

Toute cette affaire est simplement partie d’une boutade lancée par Alain Peyrefitte lors d’une discussion privée, et extrapolée par le journaliste du Figaro.

Cette affaire a fait grand bruit puisque certains parlementaires se sont interrogés sur la véracité de cette information.

 

1979 :

le 24 janvier publication au journal officiel du décret suivant :

Ministère de la Justice.

Décret n° 79-90 du 24 janvier 1979 déterminant les juridictions de l’ordre judiciaire territorialement compétentes pour l’île de Clipperton.

Le Premier ministre,

Sur le rapport du garde des sceaux, ministre de la justice, et du ministre de l’Intérieur,

Vu le code de l’organisation judiciaire ;

Le Conseil d’Etat (section de l’intérieur) entendu,

Décrète :

Art 1er.- Sont territorialement compétentes pour l’île de Clipperton les juridictions de l’ordre judiciaire ayant leur siège à Paris.

Art. 2-  Le garde des sceaux, ministre de la justice, le ministre de l’Intérieur et le Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur (Départements et Territoires d’Outre-Mer) sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret, qui sera publié au journal officiel de la République française.

Fait à Paris, le 24 janvier 1979.

Raymond Barre.

Pour le Premier ministre :

Le garde des Sceaux, ministre de la justice,

Alain Peyrefitte                                          Le ministre de l’Intérieur

Christian Bonnet

Au mois de Janvier, dans le journal « Le Monde », on peut lire un article sous la plume de monsieur Jean Macé intitulé « Non, Clipperton ne remplacera pas la guillotine ! ».

Il y retrace les sombres moments de l’histoire de Clipperton. On peut y lire que l’association « Légitime défense », avec à sa tête monsieur Romério, est favorable à la construction d’un pénitencier sur notre « confetti de la République » comme le nomme certains de nos politiques.

1980 :

Un hydravion, type Catalina décolle de Manzanillo en direction de Clipperton.

A son bord, le Commandant Cousteau et Pedro Ramon Arnaud, le fils d’Arnaud Ramon y Vignon, Commandant de la garnison mexicaine de Clipperton du début du siècle.

Pédro est né sur l’île en 1909. Il effectue un pèlerinage sur l’île où il est né et où il a souffert de la folie d’Alvarez. Il se souvient du meurtre d’Alvarez et de l’apparition miraculeuse du Yorktown qui sauva les survivants de cette terrible histoire.

Le 8 avril, lors d’une escale de l’Ouragan, navire de la Marine nationale, une bouée type « Marisonde » équipée d’un émetteur Argos est ancrée dans le lagon. Elle mesure la pression atmosphérique et la température de l’eau.

Pendant 14 mois, les informations seront transmises via satellite au centre de Lannion.

1981 :

Les 5 et 6 janvier, escale du TDC Orage.

En juin, le Protet, de la Marine nationale,  remplace la bouée déposée l’année précédente par le TDC Orage,  par une autre du type « Marisonde B11 ».

Le 2 juin,  l’Académie des Sciences d’Outre-Mer, réunie en séance extraordinaire, a adopté à l’unanimité en son article 3 le voeu suivant :

N°3 « L’Académie des Sciences d’Outre-Mer, ayant pris acte de l’importance potentielle de la zone maritime de CLIPPERTON, notamment et à titre immédiat dans le domaine de la PÊCHE, mais aussi et à un stade ultérieur pour la qualité vraisemblable de ses fonds marins.

Considérant que, en fonction du nouveau droit de la mer, la zone maritime concernée peut être contestée à la France si Clipperton n’est pas dotée d’une « vie économique propre»,

Considérant que, selon l’avis des biologistes, la toxicité des eaux du lagon ira en croisant si ce lagon reste fermé, pouvant ainsi nuire à des installations futures.

Considérant que la « vie économique propre », évoquée ci-dessus, pourrait résulter de l’aménagement de l’île en base de pêche pour l’armement français,

Emet le vœu :

-          Que CLIPPERTON soit équipé d’un Port de Pêchepar ouverture et aménagement du lagon.

-          Que CLIPPERTON soit également équipé d’une PISTE Aérienne, au moins pour avions à décollage court, afin de rompre son isolement.


Le 7 décembre, l’Ouragan fait une nouvelle escale. La bouée « Marisonde B11 » est remplacée par une nouvelle du type « Marisonde B73 ». Elle fonctionnera jusqu’au 13 juillet 1984.

1982 :

Le 24 janvier, escale de la Jeanne d’Arc accompagnée par l’aviso escorteur Doudart de Lagrée.

Le 19 juillet, escale de l’aviso escorteur Balny.

Le 7 décembre, escale du TDC Orage.

Le 10 décembre, 157 pays se réunissent  à Montégo Baye, en Jamaïque, pour participer à la Convention des Nations Unies sur les Droits de la Mer.

Il est défini une nouvelle conception des droits de la mer suivant quatre critères :

-          Le fond de la mer.

-          Les droits navigables.

-          La Zone Economique Exclusive ou ZEE.

-          Les eaux archipélagiques.

Cette convention institue un « Tribunal du droit de la mer », dont le siège est établi à Hambourg.

La Zone Economique Exclusive est un espace maritime sur lequel un état côtier exerce des droits souverains en matière d’exploration et d’exploitation, de conservation et de gestion des ressources naturelles (biologiques ou non) des fonds marins et de leur sous-sol.

La ZEE s’étend de la côte du pays souverain à 200 milles au large. Dans ces 200 milles sont compris les 12 milles des eaux territoriales. Cette règle confère à Clipperton une ZEE de 425.000 Km² ; il est à remarquer que celle de la France n’est que de 260.290km².

Mais l’état côtier qui exerce des droits souverains doit autoriser le passage de tous les navires (Militaires ou Marchands) en transit, à condition que ces derniers ne lui fassent pas de tort,  ne menacent pas sa sécurité et n’enfreignent pas les lois : c’est « Le droit de passage inoffensif ».

Ces différentes dispositions restent à l’état de projet.

Du 27 au 29 décembre, escale de la Jeanne d’Arc accompagnée par l’aviso escorteur Doudart de Lagrée.

1983 :

Création de  la « SEDEIC » ou Société d’Etude, Développement et Exploitation de l’Ilot  Clipperton.

Ses objectifs étaient :

-          animer la vie économique de l’île.

-          Œuvrer à la mise en valeur de ce territoire

-          Créer des activités comportant un ensemble de services permettant de développer l’industrie de la pêche dans cette région, avec l’installation d’une station météorologique pour une aide à la navigation maritime et aérienne.

1984 :

Le 16 septembre, escale du TDC Orage.

1985 :

Une société privée d’exploitation de phosphate la SESAM demande un permis de recherches minières ayant décelé dans le lagon la présence de phosphate et de métaux tel l’argent et l’or.

En avril se déroule une expédition radioamateur « FO0XX », l’équipe qui comprend 16 personnes réalise 31.000 contacts.

Le 17 juillet, lors d’une escale de l’Aviso  Commandant Blaison , une station météorologique automatique est installée par monsieur Picquenard.

Les informations sont transmises vers le satellite géostationnaire GOESW.

Publication par F. Bourroulh le Jan d’une étude intitulée :

« Sédimentation phosphatée actuelle dans le lagon confiné de l’atoll de Clipperton ; datations, Sédimentologie et Géochimie ».

Publication par J.L Carsin d’une étude intitulée :

«  L’eutrophisation naturelle des eaux du lagon de Clipperton : matériels, méthodes, résultats, discussions ».

Le 29 décembre (et non les 1er avril, comme on pourrait le penser à la lecture de cet article), dans le journal TV Loisirs,  monsieur Bernard Lastéra retrace un canular, qui cite un article officiel de la presse marocaine,  intitulé : « Le jour où Clipperton voulut l’indépendance » :

En introduction, il fait un rappel sur l’historique de l’île de Clipperton, que l’on peut qualifier comme île de toutes les tracasseries…. Puis il poursuit :

« Clipperton, île du Pacifique censée appartenir à la France, a toujours été l’objet de tracasseries originales. La dernière remonte à 1972, époque où la presse marocaine révélait les exactions de l’impérialisme français sur les indigènes…

Il reprend ensuite le texte de l’article d’un journal marocain, dont le rédacteur en chef, visiblement non  francophile, a oublié une des règles essentielles pour un journaliste à savoir vérifier toute information avant de la publier. Il est tombé ainsi dans le piège d’un canular.

Il est à noter que Clipperton est une île inhabitée où les conditions de vie sont extrêmement difficiles ; par exemple, il n’y a pas d’eau potable, et les conditions météorologiques sont très dures à supporter (NDA).

L’article de notre infortuné journaliste se poursuit en ces termes :

 « Quarante années de colonialisme français et deux cent cinquante ans d’incursions coloniales diverses, d’exploitation capitaliste, sans répit, n’ont pas abattu la ferme volonté du peuple de Clipperton de vivre libre dans son pays souverain ». (…)

« La carence de l’administration colonialiste française à promouvoir la politique réaliste de progrès social, de justice démocratique et de développement dans l’île de Clipperton ; l’impossibilité du peuple de Clipperton de pouvoir faire entendre sa voix par le jeu d’une Constitution populaire démocratique, honnête, et de pouvoir dégager des représentants authentiques pour parler en son nom. » (…)

Plus loin ont peut lire : La «  lutte des exploités » 

Le Mouvement pour l’Indépendance de l’Ile de Clipperton ( M.I.I.C) poursuit en « exigeant l’ouverture immédiate et sans conditions de pourparlers en vue de mettre au point les modalités de l’accession à l’indépendance totale de l’île. (…), la liquidation de toutes les séquelles du colonialisme français (…), l’indemnisation des victimes de spoliations minières, agricoles, morales et le rapatriement des comptes des sociétés exploitantes actuellement tenus par des banques françaises. Etc.(…)

Dans la « situation intérieure de l’île » est décrite la vie de ce microcosme insulaire. «  Il n’y a jamais eu de problème concernant la cohabitation, sur notre territoire, des deux principales ethnies qui composent la population clippertonaise, les Noddis (en réalité les noddis sont des oiseaux qui vivent à Clipperton : NDA) et les Tourlourous, (en réalité ce sont des crabes de cocotiers des Antilles : NDA) pratiquant un dialecte, le Tapa-touvu  (Même ce calembour n’a pas éveillé les soupçons du journaliste ! : NDA ).

« Les Noddis, « peuple d’en haut » habitant surtout les hauteurs dont les sommets culminants sont appelés « Rocher noir » (le Rocher de Clipperton mesure 29 mètres d’altitude dont les flancs sont abruptes : NDA). Les tourlourous se localisent plus volontiers dans les zones basses et maritimes de l’île ». (Clipperton n’a que 2 Km², de terres émergées, constituées par une couronne corallienne dont l’altitude moyenne est de 1 à 2 mètres au dessus du niveau de l’Océan et qui mesure entre 40 et 400 mètres de large :NDA).

(…) « Les institutions traditionnelles, fort simples, sont basées sur un modèle très libéral, sans lois et  sans maîtres, chacun étant  responsable envers sa seule conscience ».

Il s’en prend à la santé publique : Clipperton est sans doute le seul pays au monde où n’existe aucune infirmerie permanente, aucun hôpital ».

                   Il continue par un bilan sur l’Education nationale : « …la puissance coloniale (la France) désireuse de maintenir dans l’ignorance les populations pour les conserver plus aisément en tutelle, s’est toujours opposée à l’implantation scolaire. Il n’existe aucune école… ».

  Puis c’est au tour des finances : «  Elles sont entre les mains de l’occupant qui refuse de nous accorder le moindre droit de regard ou de contrôle ».  S’agissant du domaine publique « Le réseau routier est très rudimentaire (…) les taxes douanières sont exorbitantes  (…) il est impossible de se procurer un véhicule neuf (…) Il n’y a ni aérodrome ni port en eau profonde ».

  Puis c’est au tour du tourisme : « Notre patrimoine touristique est resté en dehors des grands circuits. Pourtant, l’intérêt du tourisme dans notre île avait déjà été largement signalé par le navigateur Cook fondateur de la célèbre agence de voyage qui porte son nom ». (Encore un  canular grossier ne l’a pas interpellé :NDA).

Il poursuit : « Notre île à toujours été largement tournée vers la mer (…). Ce sont encore des compagnies étrangères qui assurent tous les transports (…).

L’origine de ce canular vient d’un médecin bordelais qui vécut longtemps au Maroc. Il pris pour pseudonyme « Docteur Eggs » (les œufs),  sous lequel il va signer les documents du M.I.I.C

En 1972, la presse  intégriste marocaine prend pour cible tout ce qui se rapporte à la France.

Notre médecin bordelais insiste et envoi une lettre, soit disant d’un autre Clippertonais, qui confirme les faits exposés dans le premier article. De nouveau le journaliste publie cette lettre quelques jours après le premier article.

C’est finalement un autre journal marocain qui va découvrir la supercherie, et notre « Docteur Eggs » va lui faire parvenir un courrier dans lequel il explique que par ce canular, il a voulu démontrer que n’importe quelle nouvelle pouvait être publiée sans esprit critique et sans vérification, surtout lorsqu’il y avait du parti pris dans l’esprit du journaliste considéré.

Ce canular a coûté sa place au responsable du journal.

 

1986 :

Le 4 mars, escale de l’aviso escorteur EV Henry.

Le 18 mars, un arrêté range Clipperton comme domaine public de l’Etat français.

Ce passage du domaine privé au domaine public est motivé par la recherche d’une meilleure protection de l’atoll à une époque ou un important projet de création d’un port en haute mer était sur le point de voir le jour. Au sens administratif des termes, l’île n’est donc pas un territoire, et à fortiori un TOM (Territoire d’Outre-Mer), même si en termes géographiques elle est un des quatre territoires ou possessions de la France dans le Pacifique (avec le Polynésie française, la Nouvelle Calédonie et le Territoire de Wallis et Futuna).

L’île ne fait pas partie du Territoire de la Polynésie française, cependant, en raison de la relative proximité des espaces concernés, c’est au Haut Commissaire de la République que le ministre chargé des Départements et Territoires d’Outre-Mer délègue son autorité en matière d’autorisations d’accès, d’ordre public et de police administrative, tant sur la terre que sur les eaux bordant les côtes.

Les juridictions judiciaires territorialement compétentes pour l’île ont leur siège à Paris et non à Papeete. Clipperton est donc soumis à l’ensemble du droit métropolitain, mais le traité de la CEE ne lui est pas applicable.

En mai, Expédition Radioamateur « FO0XX ». L’équipe est constituée de 5 personnes. Ils réalisent 16.000 contacts. Le navire Royal Polaris, à cause des mauvaises conditions météorologiques mettra 10 jours depuis San Diégo pour arriver sur Clipperton. Là encore les conditions météorologiques seront désastreuses tout au long de l’expédition.

Le 1er juillet, escale de l’aviso escorteur Bory.

Le 26 septembre, escale de l’aviso Balny. Une station séismologique est installée par Monsieur Coutant. Monsieur Picquenard, membre de cette mission constate que la panne de la station météorologique est le résultat d’une dégradation volontaire, de l’acide a été versé sur les appareils de mesure.

Il procède aux réparations qui s’imposent. La station fonctionnera à nouveau pendant une période de six mois.

En septembre, Expédition Radioamateur « FO0XA » qui comprend 3 personnes,

Le 30 octobre, une convention est signée par le Haut commissaire de la République à Tahiti avec la société SEDEIC.

Le programme commence par l’ouverture d’une passe pour accéder au lagon.

Mais le programme de la SESAM demande que le lagon reste fermé pour pouvoir procéder à des études plus approfondies.

1988 :

Il est fait pression par le gouvernement sur la SEDEIC, pour qu’elle abandonne son projet.

De son côté la SESAM, consciente de l’investissement financier énorme en fonction de résultats incertains abandonne elle aussi son projet.

1989 :

Le 19 juillet, escale de l’aviso escorteur Balny.

1990 :

Le 29 juillet, escale de l’aviso Commandant Birot.

Le 30 août, escale du TDC Foudre.

1991 :

Le 13 mars, escale de la Jeanne d’Arc accompagnée par l’aviso escorteur Balny.

Le 22 octobre escale du BH Estafette.

1992 :

Du 6 au 15 mars, Expédition Radioamateur « FO0CI ».

Le navire affrété est le M/V Spirit of Adventure  L’équipe comprend 9 personnes et réalise 48.000 contacts.

Le 15 mars, escale de l’Aviso escorteur Balny.

Le 21 novembre  escale de l’aviso Commandant Birot.

Cette même année, un mexicain, Monsieur Miguel Gonzalès Avelar publie un manifeste intitulé : « Clipperton, isla mexicana ». Il y réfute les arguments de l’arbitrage de la cour internationale de justice et par conséquent la décision du roi d’Italie Victor Emmanuel III.

Il réclame la rétrocession de Clipperton au Mexique. De nombreux hommes politiques mexicains sont de son avis.

1994 :

Le 16 novembre, entrée en vigueur de la convention de Montégo-Bay.

1995 :

Le 28 février, escale de la Frégate Vendemiaire.

En mai, première réunion de l’I.C.R.I, ou International Coral Reef Initiatiative.

A l’initiative des USA, de la France, de l’Australie, du Japon, du Royaune Uni, de la Suède, des Philippines et de la Jamaïque, cette institution a pour vocation de préserver les écosystèmes coralliens, en effectuant une surveillance régulière de la santé des massifs coralliens dans le monde entier.

Le comité de mise en œuvre ou C.P.C. ou Coordinating and Planing Committte est basé en Australie jusqu’en décembre 1998. Clipperton y est définie comme suit :

Terres émergées : 2 Km². Lagon : 4 Km². Pourcentage récif corallien/terres émergées en % 70/30.

Z.E.E. 425.000 Km².

Expédition pluridisciplinaire de l’équipe de P.W Glynn, G.M Welligton et J.E.N Veron dont l’étude porte, entre autre sur le corail. Un recueil est publié : «  Clipperton island, a unique atoll in the eastern Pacifique. Coral reefs.

Le 22 décembre, escale de l’aviso escorteur Victor Schoelcher.

1996 :

Le 13 avril, escale de la Frégate Prairial.

La France ratifie la convention de Montégo-Bay.

1997 :

Le 18novembre, le navire océanographique El Puma  de l’Université autonome de Mexico (UNAM) appareille d’Acapulco pour l’expédition SURPACLIP (Sud,Pacifique, Clipperton), avec à son bord une équipe de 19 scientifiques mexicains et 1 français de l’expédition  mexicano-française « SURPACLIP ». Depuis les oubliés de Clipperton, c’est le premier retour officiel des Mexicains sur Clipperton, autorisé par la France suite à l’intervention et grâce à la présence du Dr Christian Jost,

La Responsable de l’expédition et de l’équipe scientifique mexicaine est la Doctora Viviane Solis.

La France est représentée par le Docteur en géographie Christian Jost, responsable du Laboratoire GECO ou Géosystèmes, Environnement et Cartomatique  Océaniens de l’Université de Nouvelle-Calédonie.

Il étudie l’atoll du point de vue biogéographique et géomorphologique, et est le seul à étudier la partie émergée de l’atoll, les Mexicains étant spécialistes de l’océan, de la faune et de la flore marines.

Le 23 novembre, l’équipe aborde Clipperton. Après de nombreuses observations, les scientifiques quitte l’île quelques jours plus tard pour l’archipel des Revilla Gigedo avant de rallier   Mazatlan. 47 sondages, mesures et prélèvements des couches d’eau océanique et des boues sous- marines auront été réalisés durant cette expédition d’un mois.

1998 :

Deux matelots d’un navire de pêche basé en Californie restent bloqués sur l’île pendant trois semaines. Il s’agit de Steven Longbought et David Héritage ; ils doivent leur salut grâce aux appels radio fait à l’aide d’un petit émetteur de secours qu’ils ont réparé.

1999 :

En juin, grâce à sa Z.E.E. ou Zone Economique Exclusive de Clipperton (425.325 Km²), la France adhère à l’I.A.T.T.C. ou Inter-American Tropical Tuna Commission.

Cette organisation est née à Washington le 31 mai 1949 suite à un accord entre les Etats-Unis et le Costa-Rica. Le double but est de préserver le peuplement en thon et de fixer chaque année un tonnage maximum de prises régulières. Depuis son origine, la commission recueille et fournit des informations sur les flottes de pêche et sur les stocks de thonidés.

Il est à noter que depuis 1985, les membres de l’I.A.T.T.C. ont décidés d’un programme pour réduire la mortalité accidentelle des dauphins capturés dans les sennes des thoniers.

La France ne pêche pas dans la Z.E.E de Clipperton, mais néanmoins, son adhésion à l’I.A.T.T.C. lui permet d’assumer ses problèmes de responsabilités dans tout ce qui touche l’environnement, de contribuer à la sauvegarde des dauphins et enfin d’affirmer sa souveraineté sur Clipperton.

La France est aussi membre de la W.C.P.F.C. ou Western and Central Pacific Fisheries Commission.